Archive for the ‘Voyages’ Category

Un détour par Hong Kong

1 février 2013

051

Une fois n’est pas coutume ce blog africain va faire un détour par l’Asie, où réside une de mes plus fidèles lectrices, championne des commentaires ciselés et acidulés, qui me font rire ou réfléchir c’est selon… J’ai nommé mon amie Frédérique, correspondante de l’Agence France Presse à Hong Kong, ville pour laquelle elle a eu un véritable coup de foudre.

Je lui ai rendu visite l’an dernier, en accompagnant Joseph à son tournoi de rugby, et c’est à elle que je dois mes plus belles découvertes là-bas, de l’île de Lama à Macao en passant par le poétique marché aux oiseaux.

Curieuse de tout et conteuse hors pair, elle est aussi dotée d’une plume alerte, et vient de publier ce post passionnant sur « Les Français à Hong Kong » sur le blog de l’AFP. Sa modestie dut-elle en souffrir, je le partage avec vous. Bonne lecture !!

Les Français à Hong Kong, une présence qui grandit

Par Frédérique PRIS

Hong Kong, ce petit territoire du sud de la Chine, attire depuis plus de 150 ans les Occidentaux, dont les Français. Fortement minoritaires par rapport aux colons britanniques, ils n’en ont pas moins laissé leurs empreintes, de la découverte du bacille de la peste à celle de la fleur devenue le symbole de l’île.

Une poignée en 1850, ils sont aujourd’hui 11.000 inscrits au consulat français (15.000 au total selon les estimations des autorités). C’est la plus importante communauté française dans une ville asiatique. Shanghaï dit en accueillir un plus grand nombre mais le consulat de Hong Kong souligne qu’il s’agit dans ce cas de la région de Shanghaï.

Missionnaires, diplomates, hommes d’affaires, aventuriers, espions, femmes de petite vertu et, depuis quelques décennies, salariés de grandes entreprises ou jeunes gens séduits par l’Asie… Une diversité qui a poussé François Drémeaux, un jeune historien, à se lancer avec une équipe dans la rédaction d’un ouvrage imposant de près de 300 pages, « Hong Kong, présences françaises ».

Dès le départ, « bien que colonie britannique, et coincée entre l’Indochine et la concession française de Shanghaï », Hong Kong a séduit les Français, et ce jusqu’à nos jours, ajoute auprès de l’AFP ce professeur d’histoire au lycée français de Hong Kong, le plus grand d’Asie.

Le premier homme d’affaire français, Auguste Haussmann, un Alsacien, débarque en 1844, après que son navire a échappé à une attaque de pirates dans le delta de la rivière des Perles. « Cette île n’est ni assez peuplée, ni assez fertile, ni assez convenablement située pour pouvoir devenir un marché important », décrète-t-il. Du moins tant que Canton et d’autres ports chinois restent ouverts aux navires étrangers, ajoute-t-il heureusement.

Ses successeurs seront plus enthousiastes. « Une colonie merveilleuse, presque uniquement composée d’un port, l’un des premiers au monde », écrit en 1896 Louis-Marie Rabaud, un négociant lyonnais.

Quelques mois plus tôt, un jeune médecin français d’origine suisse, Alexandre Yersin (photo ci-dessus: sa statue au Musée des sciences médicales de la ville), est arrivé à Hong Kong. Une épidémie de peste frappe le sud de la Chine et le bactériologiste pasteurien de 30 ans découvre le bacille de la peste en juin 1894, dans son laboratoire de fortune installé sous une paillote, dans le quartier de l’hôpital. Autre savant, le père Delavay, un missionnaire français, qui identifie en 1888 sur une colline de l’île une plante de couleur violette et jusqu’alors inconnue: la bauhinia blakeana. En 1997, lors de la rétrocession à la Chine, cette fleur désormais très répandue sur le territoire est choisie pour orner le drapeau de Hong Kong.

Les passagers qui débarquent aujourd’hui à l’aéroport de Hong Kong, s’ils lèvent les yeux, aperçoivent suspendue dans les airs la réplique du Farman IV, le premier avion à s’être posé sur le territoire en 1911, piloté par Charles Van den Born, un Belge naturalisé français.

Certaines choses n’ont pas changé: le premier consul de France, Ernest-Napoléon Godeaux, se plaignait déjà en 1863 du coût des loyers. « Ce que j’écris aujourd’hui n’est pas très différent de mon prédécesseur », remarque le consul de France, Arnaud Barthélemy.

Et « dès sa fondation, Hong Kong devient un débouché majeur pour les vins et cognacs français », note le livre. Car les colons anglais, « où qu’ils soient dans leur empire », souhaitent continuer de savourer les vins français.

Au début du siècle, contrebandiers, truands et prostituées pullulent à Hong Kong, haut lieu de l’opium et des armes prohibées. Un rapport très officiel assure que la moitié des demi-mondaines étrangères de la colonie sont… des Françaises. Et les truands français d’Indochine, lorsque ça sent le roussi, s’enfuient pour Hong Kong.

A partir des années 50, et jusqu’à maintenant, c’est l’essor des sociétés françaises, dans la banque, le BTP…. Le 10.000e Français est enregistré au consulat en 2011.

« Hong Kong, présences françaises », fruit de quatre années de recherche, « bénéficie d’un atout temporel et géographique », souligne François Drémeaux. C’est la première fois, selon ses auteurs, que paraît une somme sur l’histoire de Français dans un pays étranger, sans doute parce que Hong Kong est un territoire peu étendu et que la période couverte est bien délimitée, du début du XIXe siècle à nos jours.

Un aïeul missionnaire en 1860, un grand-père diplomate en 1907, un cousin contrebandier en 1938, un oncle entrepreneur en 1964…. Au-delà des faits historiques, c’est en s’appuyant sur de multiples témoignages que les auteurs ont retracé cette présence française, « une mosaïque d’histoires et de personnages », selon François Drémeaux.

Pour l’historien, parmi les écrivains et journalistes passés par Hong Kong, Marc Chadourne, ancien fonctionnaire de l’administration coloniale en Océanie devenu journaliste, est un de ceux qui a su le mieux décrire dans les années 30 ce territoire où cohabitaient les deux civilisations.

« C’est la Chine, son cri de meute famélique, sa couleur d’épices, de chiffes et de fumée, son audace, sa voracité. La Chine…. Mais cette ville qui lentement émerge des buées, échafaude en un prodigieux mirage son amphithéâtre de buildings, de palaces, de bungalows, monte à la verticale, avec ses jardins suspendus, ses routes en lacets (…), c’est une ville anglaise. C’est Kong Kong », écrit le journaliste.

Les aventuriers et les missionnaires sont certes moins nombreux de nos jours, mais les Français continuent de succomber à la magie de ce territoire, estime le professeur d’histoire. Ils sont plus nombreux, beaucoup s’installent ici pendant longtemps, et hors des quartiers autrefois prisés des expatriés, note-t-il.

Hong Kong n’est « pas un endroit aseptisé », estime le professeur, qui avoue avoir éprouvé « le coup de foudre » pour le territoire lors de son arrivée en 2007.

« Quel est l’endroit au monde où il est possible d’aller marcher pendant six heures sur des sentiers de randonnée, sans apercevoir un seul immeuble, manger une soupe aux nouilles dans une échoppe de Mong Kok (quartier chinois très animé) avant de se rendre dans un centre commercial ultra moderne pour regarder le dernier film hollywoodien? » souligne-t-il.

Un charme et une diversité auxquels avait été sensible Jules Verne (qui n’y a pourtant jamais mis les pieds): dans la version originale du Tour du monde en 80 jours, restée à l’état de brouillon, c’est à Hong Kong que l’écrivain décide de marier son héros Phileas Fogg à la belle et jeune veuve Aouda.

Publicités

Samburu

7 janvier 2013

IMG-20130103-00056 (2)

Second (et donc dernier) volet de nos vacances: un safari de quelques jours à Samburu, magnifique réserve située au centre du Kenya, à 350 km au nord de Nairobi. Un parc injustement méconnu, soulignait à juste titre notre guide de voyage.

Nous l’avons visité sous un jour inhabituel. D’ordinaire quasi désertique, le parc a reverdi après cette saison des pluies plus longue et plus humide que d’ordinaire. J’ai passé des heures à admirer les reflets du soleil dans les hautes herbes argentées. La rivière Ewaso, qui marque la séparation avec la réserve de Buffalo Springs et est le plus souvent asséchée, charriait des eaux boueuses d’où émergeaient tout juste quelques terrifiants crocodiles (ils font jusqu’à trois mètres cinquante de long …).

Lors d’une ballade à pied (sous bonne garde), Joseph a été stupéfait de voir un jeune Samburu traverser à plusieurs reprises la rivière pour transporter ses chèvres d’une rive à l’autre. Les attaques de crocodiles sont fréquentes, et il y a souvent des morts, nous a expliqué James, un employé du camp où nous avons logé. Samburu lui aussi, il traverse régulièrement la rivière pour retourner voir sa famille. Il y a peu, sa ceinture de perles a été à moitié arrachée par un violent coup de queue.

Outre le bonheur de se lever avant l’aube, quand l’air est encore parfumé, pour guetter oiseaux ou léopards (nous en avons vu trois, de près), ce voyage nous a permis de mieux connaître cette tribu nilotique, proche des Masaï. Les Samburu sont moins nombreux (environ 230.000 selon le dernier recensement, contre plus de 800.000 Masaï). Ils parlent la même langue (le Maa), avec quelques variantes, et partagent les mêmes traditions (semi-nomadisme, élevage, polygamie).

Comme les Masaï, ils restent très attachés à leur mode de vie traditionnel, mais s’ouvrent peu à peu. En dehors des vacances scolaires, où il travaille au camp, James est lycéen et doit passer cette année l’équivalent du bac. Mais pour sa tribu, il est avant tout un guerrier chargé de défendre les siens en cas d’attaque (les raids pour voler le bétail sont courants dans cette région). A coup de lance ou de flèches, nous a-t-il raconté en enseignant le maniement de l’arc à Noé. Une drôle de double vie…

Vacances à Diani

23 décembre 2012

120

Les vacances de Noël dans les écoles anglaises, c’est long, très long… Du 7 décembre au 7 janvier pour être précise. Il faut occuper les enfants, qui sinon passent leur temps à se battre pour l’ordinateur ou à se taper dessus sans raison précise. Nous nous sommes donc échappés une petite semaine à Diani, une plage idyllique des bords de l’océan indien, au sud du Kenya. Du sable blanc, fin comme de la farine, et une eau turquoise, presque trop chaude à notre arrivée (dans les 30°C…)

On y a nagé (pas mal), mangé (beaucoup), lu (énormément). En vrac: « It’s our turn to eat » (Michaela Wrong), le portrait de John Githongo, un militant anti-corruption qui a fini par fuir le Kenya pour ne pas être assassiné. Un bouquin passionnant mais parfaitement déprimant sur le Kenya contemporain et le degré de pourriture de ses institutions. Et pour se remonter le moral, les manigances politiques et religieuses à la cour d’Henri VIII d’Angleterre (une période qui me fascine), avec le premier tome d’une trilogie d’Hilary Mantel sur Thomas Cromwell (« Wolf Hall », booker prize 2009).

J’attends de récupérer un peu des décapitations en série avant d’attaquer le second tome, « Bring up the bodies » (ça promet), qui – c’est exceptionnel – vient lui aussi de rafler le booker prize 2012. D’ailleurs, dans la série des bouquins-que-j’ai-adoré-cette-année-et que-je recommande-chaleureusement, il y a aussi « House of stone », de Christina Lamb, livre palpitant sur l’invraisemblable auto-destruction du Zimbabwe depuis l’indépendance, à travers les destins parallèles d’une famille de colons et de celle de sa femme de ménage.

Bon et pour vous prouver que je ne suis pas abonnée aux lectures sinistres, j’ai beaucoup beaucoup aimé aussi le délicieux Rosa Candida, d’une auteur islandaise au nom imprononçable, Audur Ava Olafsdottir. J’attends vos coups de coeur de l’année en retour !

Nous voilà rentrés à Nairobi, après dix heures et demie de route (dont quatre heures de pistes et une crevaison…) où Boris a artistiquement navigué entre des camions qui s’obstinent à vouloir se doubler entre eux sur une deux voies très chargée. Nairobi où les averses ne faiblissent pas ces jours-ci en dépit du fait établi que la saison des pluies est théoriquement FINIE depuis mi-décembre. On a frôlé l’inondation du salon…

Alors pour se consoler, on regarde les photos de vacances….

152

Marathon chez les lions

28 juin 2012

C’est un marathon des plus ardus et des plus périlleux: deux boucles de 21 kilomètres à quelque 1.700 mètres d’altitude, sous un soleil de plomb et au milieu des lions, hyènes et autres léopards… Samedi 30 juin au petit matin des centaines de coureurs participeront au marathon de Lewa, fondé en 2000 pour récolter des fonds afin de préserver la faune et la flore mais aussi assister les communautés du nord du Kenya.

Et nous y serons ! Au départ c’est Boris qui rêvait de courir le semi-marathon, à l’arrivée, handicapé par une coriace tendinite, il cède sa place à la jeune génération. Ce sont donc Clara et Joseph qui représenteront nos couleurs (moi je n’ai aucune excuse pour ne pas courir si ce n’est que je déteste ça…) dans une course de 5 kilomètres réservée aux enfants de plus de 10 ans.

Départ demain matin avec une voiture bien remplie car on va camper là-bas pendant deux nuits tous les cinq. Donc montagne de nourriture, pile de matelas mousse, pyramide de bombonnes d’eau, etc…

Lewa, c’est la plus célèbre réserve privée du Kenya. Fondée par la famille Craig dans les années 80, elle s’est spécialisée dans la sauvegarde des rhinocéros, pourchassés sans relâche par les braconniers pour leur corne, fort prisée en Asie. Aujourd’hui elle abrite 80 rhinocéros, que nous espérons bien avoir la chance d’observer après la course…

Amboseli

6 avril 2012

Un lion, ou plutôt Le Lion. Voilà ce que j’était venue chercher à Amboseli, une des réserves les plus connues du Kenya mais que nous n’avions jamais encore visitée.

Je devais être en cinquième quand j’ai lu pour la première fois « Le Lion », de Joseph Kessel. Un choc. J’ai tellement aimé cette histoire d’amitié entre une petite fille et un lion que j’en ai tiré une de mes rédactions les plus inspirées, saluée par ma prof de français d’alors. 

Puis, pendant toutes ces années, j’ai oublié ce beau roman qui se passe à Amboseli. Mais quand nous sommes partis nous installer au Kenya, Le Lion était dans nos valises, destiné à Clara, si elle le voulait bien. Elle ne le voulût point. C’est donc moi qui ai relu le livre fétiche de mon enfance, ce week-end, à Amboseli.

Merveilleuses descriptions de la nature, des Maasaï.

« Pourtant je ne reconnus pas cette silhouette. Elle semblait sortir de la nuit des temps. Un grand bouclier tenu à bout de bras la précédait et, couronnant la tête aux reflets d’argile et de cuivre, flottait, à la hauteur du fer de lance, l’auréole royale des lions.
Armé, paré selon la coutume sans âge, Oriounga le morane venait pour l’épreuve – qui d’un Masaï faisait un homme et pour gagner par elle Patricia.
Et plus ardent, plus brave, plus fort que les ancêtres, il venait seul. »

Depuis quelque temps, j’ai redécouvert Kessel, grâce à ma soeur Claire, qui m’a offert une compilation de ses plus beaux reportages, dont l’extraordinaire « Sur la piste des esclaves » que je recommande chaudement. Je l’ai aussi retrouvé à Hong Kong, au hasard d’une étagère, chez mon amie Frédérique. Et emmené avec moi sur le ferry pour Macao ses nouvelles sur Hong Kong.

Enfin, je me suis plongée avec délices dans sa biographie de plus de mille pages, prêtée par un voisin. Une vie tellement remplie qu’elle en devient impossible à résumer, ou plutôt cent vies en une, puisqu’à 20 ans il était déjà comédien, journaliste, écrivain, aviateur… 

Et si nous avons choisi d’appeler notre premier fils Joseph, c’est en hommage à Kessel et Conrad…

 

Tranche de vie Maasaï (2)

6 avril 2012

Dimanche matin, quatre guerriers, coutelas à la ceinture, nous attendaient pour une ballade dans le bush. Une immense étendue de petits acacias, buissons d’épineux et herbes sèches, très sèches, car la saison des pluies s’est longtemps fait attendre. C’est seulement la nuit suivante que l’eau, tant espérée, est enfin arrivée.

Nous les avons suivis, un peu incrédules de nous trouver là, à marcher aux côtés de Maasaï qui semblaient si parfaitement dans leur élément. La démarche souple, le pas rapide, ils avancent sans accrocher la moindre branche, alors que nous nous sommes fait prendre plusieurs fois aux épines d’accacias, surnommés les « Wait a minute » car ils vous retiennent par la manche si vous les frôlez d’un peu trop près.

Seul Kiria, guerrier pendant les vacances et étudiant à Nairobi le reste de l’année, parlait l’anglais. Mais le vrai guide était Mebike, l’un des frères de Monica, à fière allure avec sa longue chevelure postiche, ses bracelets de perles. Un vrai bushman, nous avait dit Hélène. De ceux qui n’ont besoin de rien pour se débrouiller dans la savane. Coupant une branche, ici ou là, pour nous montrer comment les Maasaï font le feu, façonnant de son couteau une cuillère dans un morceau de bois ou grimpant sur une termitière pour

 repérer, au loin, une girafe.

Un beau moment, étonnant, précieux, et une photo souvenir que nous garderons comme un symbole de notre aventure kényane.

Kilimandjaro

4 avril 2012

Il se fait désirer, masqué le plus souvent par les nuages. On le devine à peine, on le sait là, sans vraiment l’apercevoir et puis soudain, le soir, il apparaît, encore plus beau que ce que l’on imaginait.

Et parce qu’on l’a admiré avec révérence la veille, il nous fait la grâce d’apparaître aussi à l’aube. Encore faut-il être tiré du lit à temps comme je l’ai été par Joseph venu me murmurer « Maman, maman,viens voir le Kili ». J’ai grommelé, je me suis levée, et je n’ai pas regretté !

Tranche de vie Maasaï (1)

4 avril 2012

Nous venons de vivre une belle expérience ce week-end en passant 24 heures dans un village Maasaï de la région d’Amboseli, au pied du Kilimandjaro. C’est une Française, Hélène Goiran, qui nous a permis de découvrir de plus près cette communauté qui intrigue et séduit par son irréductible volonté de maintenir son mode de vie ancestral.

Hélène est installée depuis plus de 25 ans au Kenya. Organisatrice de safaris hors des sentiers battus, elle a sympathisé avec cette communauté Maasaï qui l’a adoptée en retour. Baptisée Nosim, « celle qui n’arrête jamais », en hommage à son invraisemblable dynamisme, elle a contribué à la création d’une école maternelle en finançant le salaire des deux instituteurs.

Les femmes du village ont construit pour elle une « boma », un ensemble de cases traditionnelles, faites de bois, de terre et de bouse de vache. Hélène y vient régulièrement et y accueille souvent des visiteurs. Nous l’y avons rejointe samedi en début d’après-midi. Elle nous a montré nos deux cases, très sombres car percées seulement de trois ouvertures de la taille d’un pamplemousse, mais coquettes, avec de vrais lits, des tables de chevet, des moustiquaires. Douche (photo à droite) et toilettes sommaires sont installés dans deux petites cases séparées. Ni eau courante ni électricité bien sûr mais Hélène mitonne des petits plats sur un réchaud à gaz.

Si les grands étaient un peu déstabilisés au début, Noé nous a stupéfié par sa faculté d’adaptation. Il a immédiatement adopté son lit de camp, sans drap ni oreiller, entrant et sortant de sa nouvelle « maison », parfaitement à l’aise.

Guidés par Monica, l’institutrice Maasaï, nous avons passé l’après-midi à visiter les deux écoles maternelles, l’ancienne, toute en bois et de guinguois, et la nouvelle, en cours de construction grâce à la mobilisation des élèves du collège toulousain La Caousou et à une subvention de l’ambassade de France. Hélène a déniché une ingénieuse machine à fabriquer des briques à base de terre, d’eau et de ciment. Les briques sont fabriquées par les Maasaï, qui les imbriquent ensuite pour monter des murs. Une vraie innovation dans la région et on vient de loin pour admirer la machine en question !

Je vous mets une petite photo de l’engin, en la dédicaçant à mon neveu Eric, qui a travaillé sur une machine à faire des briques lors d’un stage en Inde. Alors Eric, elle était comme ça ta machine à toi ?

Avant de dîner, nous avons pris l’apéro au coin du feu et au pastis s’il vous plaît (Hélène est niçoise). Monica a fait griller du maïs, que deux de ses 17 frères et soeurs (de trois mères différentes quand même), sont venus grignoter avec nous.

Puis, en admirant le Kilimandjaro enfin sorti des nuages, nous avons écouté Hélène nous parler des Maasaï, qu’elle connaît si bien. En dépit des apparences, leur vie évolue. Ils se sédentarisent, vont de plus en plus à l’école, changent de régime alimentaire (autrefois limité au lait et au sang de vache) car le bétail est souvent décimé par les sécheresses. La nuit a été tranquille même si une petite souris est venue ronger la tétine du biberon de Noé, inutilisable le lendemain !

Ballade…

20 mars 2012

Après ses exploits sportifs, déjà narrés sur le blog « Mêlées dans la baie », j’ai enlevé Joseph pour une petite ballade à Hong Kong. Au programme, marché aux oiseaux, promenade au bord de l’eau, traversée de la baie en ferry et … Mc Do (la destination prioritaire de tous les enfants de l’équipe, sevrés depuis des mois !). Petit résumé en photos parce qu’il est tard et que demain je me lève aux aurores pour visiter Macao !

Image

Ces messieurs sont venus promener leurs oiseaux. Ils les suspendent à la barre prévue à cet effet et papotent pendan que leurs oiseaux, eux aussi, semblent engager une sorte de conversation avec leurs voisins...

Image

Hong Kong

18 mars 2012

Me voici donc à Hong Kong avec Joseph après un long, très long voyage de plus de 13 heures. Mais ça valait la peine…

Venant d’Afrique et de ses immensités planes, on ne pouvait trouver plus dépaysant que cette ville ultramoderne toute en verticales !

Tout en couleurs aussi. Taxis carmins, roses turquoises (!), oiseaux multicolores….