Archive for the ‘Flore’ Category

Bougainvillées et bidonvilles

22 décembre 2009

Acacia, bougainvillée: non non mon blog ne vire pas au précis de botanique (même si Boris souhaitait que je vous parle des baobabs). Mais comment ne pas évoquer les bougainvillées ? Ici, ils sont partout, dégringolent des murs, colonisent le moindre talus. Cette photo, je l’ai prise peu après notre arrivée dans Mzima Springs, une de mes rues préférées dans les quartiers résidentiels. C’était la fin août, il faisait gris et frisquet, et ces buissons colorés égayaient la ville.

Pas question cependant de faire l’impasse sur un autre mot en B, malheureusement d’actualité ici, celui de bidonville. Des bidonvilles, il y en a plusieurs à Nairobi. En fait, la ville en est cernée. Le plus gros est celui de Kibera, avec environ un million d’habitants. Il dispute à Soweto le triste titre de plus grand bidonville d’Afrique. Je l’ai traversé une fois en voiture et suis restée bouche bée. C’est une véritable ville, avec des boutiques en tout genre (boucher, coiffeur, téléphonie…) installées entre quatre murs de torchis et sous un toit de tôle, peuplée d’habitants d’une extrême pauvreté. La moitié de la population kényane vit sous le seuil de pauvreté, et le pays est l’un de ceux où le fossé entre riches et pauvres est le plus important. Je ne fais que survoler ces sujets cette fois-ci mais ils méritent qu’on s’y arrête plus longuement. Je vous en reparlerai.

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A comme….

19 décembre 2009

Je n’en suis qu’au A que déjà un premier dilemme m’assaille. A comme acacia, ces grands beaux arbres que l’on voit partout ici, ou A comme askari, ces gardes de sécurité peut-être encore plus nombreux à Nairobi ? Bon allez, comme c’est le premier post de la série, je vais voir grand, ce sera acacia ET askari, même si les deux n’ont rien à voir.

 

Un acacia devant notre maison

 

Acacia: le nom, je le découvre comme vous, vient de « akis » qui signifie épine, pointe en grec. Ses branches sont en effet hérissées de longues épines, idéales pour ériger d’efficaces barrières autour des champs ou des villages. Au Kenya et dans plusieurs pays d’Afrique on le surnomme aussi « Fever tree » (l’arbre à fièvre). Ce nom vient des voyageurs qui s’arrêtaient sous ses branches, accueillantes avec leur forme en parasol. Certains devenaient rapidement fiévreux et lui en ont attribué la responsabilité, alors que c’est la zone humide dans laquelle il est implanté qui favorise les moustiques, parfois porteurs de malaria…

L’acacia est précieux dans les régions semi-arides. Il fournit de l’ombre aux hommes et aux animaux, mais aussi du combustible pour les feux. Et il fait le régal des girafes, qui rongent impitoyablement son écorce, ne laissant que de longues traînées rougeâtres sur son beau tronc vert-jaune.

Quant à l’askari, c’est un homme indispensable ici à Nairobi. Dans les quartiers résidentiels, ils sont partout, ces agents de sécurité sanglés dans leur uniforme bleu marine. Ils veillent à la sécurité des maisons et résidences les plus prospères de la ville. Comme en Afrique du sud, la criminalité est un des gros points noirs de Nairobi, et le business de la sécurité y est florissant. Chez nous par exemple, deux gardes sont présents pendant la journée, où leur travail consiste essentiellement à ouvrir et fermer la grille de l’entrée. La nuit, ils sont plus nombreux et font des rondes régulières dans la résidence, pour s’assurer qu’aucun intrus ne s’y aventure. Et pour vérifier qu’ils ne passent pas la moitié de la nuit à ronfler dans un coin, le propriétaire du lieu leur a imposé de presser des petits boutons disséminés ici et là, toutes les 15 minutes, selon un itinéraire précis. On entend donc de temps à autre de petits « bips » pendant notre sommeil.

Petit intermède culturel: selon wikipedia, le mot askari est d’origine arabe, turc (asker), somali, perse et swahili  et signifie « soldat » (arabe : عسكري ‘askarī). Autrefois, le terme était couramment employé afin de désigner les troupes indigènes des empires coloniaux européens en Afrique de l’Est et au Moyen-Orient.