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Du pétrole au Kenya

27 mars 2012

La nouvelle fait la une de tous les journaux kényans ce matin. « Kenya strikes oil », le Kenya a trouvé du pétrole, ou plus exactement la compagnie anglo-irlandaise Tullow Oil a découvert du pétrole au Turkana, cette immense région quasi désertique du nord-ouest du pays, sévèrement frappée par la sécheresse.

C’est le président kényan en personne, Mwai Kibaki, qui l’a annoncé hier.  « C’est le début d’une longue route afin de faire de notre pays un producteur de pétrole, qui prend généralement plus de trois ans ». 

Découverte logique finalement, puisque le pétrole est présent en abondance au Soudan du sud, tout proche, et en Ouganda. Mais découverte qui tardait à venir aux yeux de ceux qui l’espéraient depuis longtemps. Reste à savoir si le gisement repéré sera exploitable commercialement, c’est à dire si qualité et quantité seront au rendez-vous. Il faudra encore plusieurs mois pour le savoir.

Plus fondamentalement, faut-il se réjouir de cette découverte s’interrogent certains quand dans tant d’autres pays africains, l’or noir s’est mué en malédiction ? La réponse tout en finesse de Gado, formidable dessinateur vedette du quotidien « The Nation »:

Nuage de cendres, le Kenya touché aussi

19 avril 2010

Même si nous sommes bien loin du nuage, ses effets se font ressentir jusqu’ici. Il y a les amis qui attendent leurs enfants, censés venir les rejoindre pour les vacances scolaires mais restés bloqués à Paris. Il y a les touristes, coincés aussi. Et, plus inattendu, des montagnes de fleurs, impossibles à exporter. 

L’industrie horticole, une des principales sources de devises du Kenya, avec le tourisme et le café, est particulièrement touchée par les conséquences de l’éruption volcanique en Islande. Faute d’avions susceptibles d’atterrir en Europe, le secteur perd en moyenne 231 millions de shillings (2,26 millions d’euros) par jour depuis le début de la crise, selon le quotidien Daily Nation.

Le responsable du secteur ne cache pas son angoisse: « Nous avons traversé la sécheresse, El Nino, les violences post-électorales mais nous n’avons jamais rien vu de pareil ». Mille tonnes de produits frais (des roses coupées aux haricots verts) sont expédiées chaque jour pour alimenter le marché européen. Une partie a pu être stockée dans les chambres froides, mais la plupart des fleurs coupées en fin de semaine dernière ont fini au compost. Un coup dur pour les horticulteurs, en particulier les plus petits.

Arabica, made in Kenya

19 novembre 2009

C’était bien du café sur la photo, merci à Sophie et Ariane d’avoir joué dans le bref délai imparti ! Je l’ai découvert cette semaine, lors de la visite passionnante d’une plantation, le café a quatre couleurs. Cerise rouge et pulpeuse à maturité, il se mue en grain beige une fois lavé et séché, réapparaît vert quand on le débarrasse de sa gangue, pour finir brun à l’issue de la torréfaction. Je l’ai aussi mesuré lors de cette visite, bien précaire est la vie du cueilleur ou de la cueilleuse, car homme et femme se partagent la tâche. Ils sont payés au poids récolté: 45 shillings (autant de centimes d’euros) le seau de 16 kilos (pas le petit blanc autour du cou de la dame non le gros noir en cours de nettoyage sur la photo ci-dessous). En moyenne, ils récoltent une centaine de kilos par jour. Faites le calcul, cela donne un salaire journalier d’à peine 3 euros…

La sécheresse n’arrange pas les choses. Moins irrigués, les caféiers portent des cerises plus petites: il faut donc en cueillir plus pour parvenir à remplir les seaux.

Renommé à l’étranger, l’arabica doux kenyan est pourtant en perte de vitesse. Alors que la filière représentait la principale source de devises du Kenya dans les années 80, elle est aujourd’hui largement devancée par le tourisme, l’horticulture et le thé. 

Et, paradoxalement, il est difficile de trouver du bon café au Kenya. Les meilleurs grains, estampillés AA, filent à l’étranger !

PS: un grand merci à Sandra, qui m’a envoyé deux jolies photos pour illustrer ce post, mon appareil ayant calé avant la fin de la visite…