Archive for the ‘Culture’ Category

Tingatinga à prix record

8 novembre 2010

Ce très beau tableau Tingatinga vient d’être vendu 51.079 dollars à Paris, un record pour une peinture d’Afrique de l’est. Intitulé  » Le Léopard à pois doré et son ami l’oiseau », il a été peint par l’artiste tanzanien Rajabu Chiwaya dans les années 70 et acheté dans une galerie de Nairobi il y a 10 ans pour … 6.000 dollars.

Tinga quoi ? Je viens de l’apprendre grâce à Wikipedia, « le mouvement Tingatinga est une école de peinture tanzanienne contemporaine fondée par Edward Said Tingatinga dans les années 1960. Les peintures tingatinga, réalisée sur bois ou toile, représentent le plus souvent des animaux sur un fond monochrome parfois agrémenté de motifs ornementaux. Les couleurs sont utilisées pures, sans dilution ni mélange. L’emploi d’émaux donne un rendu brillant et glacé à l’ensemble ».

Ca donne ça:

Ou encore ça:

Cette école de peinture continue à vivre. Son haut-lieu est apparemment la « Tingatinga Arts Cooperative Society » située à Dar es Salam. Mais il paraît qu’on peut aussi voir des tableaux de ce style au Banana Hill Arts Centre, à Nairobi. On ira !

Kesho Amahoro (la paix demain)

25 mars 2010

Une comédie musicale autour du génocide rwandais, je n’imaginais pas cela possible. Pourtant deux profs de musique de l’école de Clara ont osé. La première, Mrs J, avait travaillé en 94-95 dans un camp de réfugiés rwandais à la frontière de la Tanzanie. Quinze ans après, elle a raconté l’histoire des enfants de ce camp, traumatisés par ce qu’ils avaient vécu, déchirés de ne pas connaître le sort de leurs parents mais qui retrouvent doucement le goût de vivre. Sujet on ne peut plus casse gueule mais traité avec pudeur et justesse, sans une ombre de mièvrerie, sans doute parce que l’auteur a accompagné les enfants dans cette période terrible.

Dans « Kesho Amahoro » c’est comme dans la vraie vie ou presque: les ONG prennent parfois des initiatives désastreuses (séparer les fratries pour faciliter l’accueil des enfants), les enfants sont souvent durs entre eux et les adultes lâches par moment. Les chansons, paroles et musiques, ont été composées par une autre professeur de musique de l’école, Ms R, pianiste émérite à la voix d’or. La mise en scène, les décors, les costumes ont été réalisés par les enfants et les professeurs de Braeburn. Deux mois de labeur et de répétitions à un rythme acharné et, à l’arrivée, un spectacle impressionnant: plus de 100 enfants (de 10 à 13 ans) y ont participé, sur scène ou dans l’orchestre (dont Clara qui s’en est sortie comme un chef à la clarinette et ce pendant trois soirs de suite !).

Ce type de spectacle n’étant guère fréquent à Nairobi, le patron des ONG qui travaillaient dans ce camp de réfugiés et l’ambassadeur du Rwanda ont fait le déplacement ainsi que plusieurs journalistes Kényans. Je ne vous engagerai toutefois pas cette fois à courir le voir à Paris, il n’y passera jamais, ni ailleurs, mais dans une semaine j’aurai le DVD. Avis aux amateurs !

Soul Boy

14 mars 2010

Une petite pépite passe au cinéma en ce moment à Nairobi: Soul Boy, un moyen métrage d’une heure tourné à Kibera, le plus grand bidonville de Nairobi, et l’un des plus gros d’Afrique.

 
C’est un conte initiatique, qui mêle légendes africaines et vie quotidienne dans un bidonville, sur fond d’insécurité et d’antagonisme entre les ethnies. Le héros, un adolescent de Kibera, doit accomplir sept tâches pour rendre à son père son âme qui lui a été ravie par une « nyawawa », un esprit féminin maléfique. Sauver un pécheur sans le juger, payer une dette sans voler, affronter sa plus grande peur… autant de défis à priori impossibles pour un jeune garçon qui vit dans un tel dénuement. Et pourtant…

Outre sa réussite artistique, ce film a une belle histoire. Il est le fruit d’un atelier de cinéma lancé par deux organisations non gouvernementales, la Britannique Anno’s Africa et l’Allemande One fine day, qui proposent des initiatives culturelles aux jeunes kényans des bidonvilles.
Il a été co-réalisé par une jeune Ghanéenne qui vit au Kenya, Hawa Essuman, et le cinéaste allemand Tom Tykwer, l’auteur de « Run Lola Run ». Tous les acteurs sont des habitants de Kibera.
 

Présenté aux festivals de Berlin, Rotterdam (Pays-Bas) et Goteborg (Suède), le film commence à se tailler un joli succès à Nairobi malgré une diffusion très restreinte pour l’instant: il passe dans une unique salle et pour une seule séance par jour ! Mais il nous a tellement plu que nous espérons bien arriver à le faire connaître plus largement. Boris a déjà écrit à l’école des enfants pour leur proposer d’organiser une projection. A suivre donc… Et si par miracle il passait à Paris, précipitez-vous !

 
 

Petite histoire d’un tube kényan

21 février 2010

Ce week-end, une des plus célèbres chansons du pays, « Kenya Hakuna Matata », a fêté ses trente ans. Elle a été  composée par le musicien kényan Teddy Kalanda Harrison pour apprendre aux touristes venus se prélasser sur les plages de Mombassa quelques mots de swahili, en s’amusant. Une mélodie facile à retenir, des paroles répétitives: une petite chansonnette sympa et sans prétention, pensait son auteur. Il a été pris de court par son succès. Enregistrée en février 1980, la chanson a connu une carrière fulgurante, consacrée par un disque de platine (plus de 100.000 disques vendus) en 1987.

Jambo Salut
 
Jambo, Jambo Bwana, Salut, Salut Monsieur,
Habari gani, Comment ça va,
Mzuri sana. Très bien.
 
Wageni, mwakaribishwa, Etrangers, vous êtes les bienvenus,
Kenya yetu Hakuna Matata. Dans notre Kenya y’a pas de problème.
 
Kenya nchi nzuri, Le Kenya est un beau pays,
Hakuna Matata. Y’a pas de problème.
 
Nchi ya maajabu, Un pays merveilleux,
Hakuna Matata. Y’a pas de problème.
 
Nchi yenye amani, Un pays en paix,
Hakuna Matata. Y’a pas de problème.
 
Hakuna Matata, Y’a pas de problème,
Hakuna Matata. Y’a pas de problème.
 
Watu wote, Tous les gens,
Hakuna Matata, Y’a pas de problème,
Wakaribishwa, Sont les bienvenus,
Hakuna Matata. Y’a pas de problème.
 
Hakuna Matata, Y’a pas de problème,
Hakuna Matata. (mpaka mwisho) Y’a pas de problème. (jusqu’à la fin)

Cette chanson, un guitariste nous l’a chantée dans notre lodge de Masaï Mara.  A peine avait-il fini qu’il s’est fait rabrouer par le barman. Pour beaucoup de Kényans, cette chanson a un goût amer. Si dans les années 80, on pouvait célébrer la douce vie au Kenya, les paroles « Un pays en paix », « merveilleux » et « sans aucun problème », ne sont plus tout à fait d’actualité. Tout le monde garde en mémoire ici les sanglantes émeutes d’il y a deux ans, les affrontements interethniques, les centaines de morts, les dizaines de milliers de déplacés.  Une nounou de la résidence tournait récemment la chanson en dérision : « on n’a pas d’argent », « hakuna matata (Y’a pas de problème) », « on n’a pas de boulot », « hakuna matata », etc… 

La chanson a connu une belle carrière à l’étranger. Plus de 20 versions en ont été tirées, dont une du groupe Boney M. Mais l’auteur de la chanson n’a pas souvent vu la couleur des royalties, déplorait-il ces derniers jours dans une interview. Allez pour finir en beauté, la version Boney M, très « eighties » !

Nouvel an chinois

10 février 2010

Côté blog, je cale un peu ces jours-ci, débordée par les soucis techniques. Internet poussif, carte mémoire de mon petit appareil photo portée disparue… et sans photo, j’ai du mal à écrire.

Je l’ai amèrement regretté ce soir mon appareil, lors d’une très pitoresque et incongrue soirée de Nouvel an chinois. C’est Boris qui a repéré l’événement ce matin dans le journal : une double page de pub sur la Chine y annonçait une représentation gratuite d’une troupe artistique du Hunan, à l’occasion du Nouvel an. Sevrés de manifestations culturelles depuis des mois, évidemment on a foncé, bébé sous le bras, au Kenyatta Conference Center.

On était un peu en retard mais pas assez pour éviter les incontournables et nombreux discours (40 minutes au bas mot) sur l’amitié sino-kényane. Fort mal élevés, on en a profité pour faire honneur au buffet chinois installé dans une salle adjacente. Noé s’est gavé de chips aux crevettes tandis que Joseph et moi engloutissions les spring rolls. Quand l’hymne national a retenti (Joseph l’appelle « la Marseillaise kenyane »), on a fait mouvement vers la salle de ce centre de conférence à l’architecture massive quelque peu soviétique (ça nous rappelle des souvenirs).

Bizarrement, le spectacle a commencé par une danse Kikuyu (la principale ethnie du Kenya). Manière sans doute d’illustrer l’immense banière « Brothers, Friends, Partners » suspendue derrière la scène. Ont suivi de fascinants numéros – chinois ceux là – d’adresse ou d’acrobaties: assiettes chinoises, équilibristes, contorsionnistes… Joseph était stupéfait de voir des enfants guère plus âgés que lui multiplier les prouesses sur scène. Il a moins apprécié les chanteuses chinoises, très à l’aise dans le suraigu. Leur chanson a tellement mis nos nerfs à l’épreuve qu’on a fini par un fou rire collectif !

En fait, la nouvelle année chinoise, qui sera celle du tigre de métal, débute le 14 février.  Le Tigre 虎 () selon le zodiac chinois est énergique, aventureux, indépendant, inventif, généreux, sans repos et impulsif. Il s’entend bien avec le Cheval ou le Chien.
Tigres célèbres : Agatha Christie, Tom Cruise, Leonardo DiCaprio, Jodie Foster, Marilyn Monroe, Stevie Wonder et … Boris Bachorz !

Invictus

1 février 2010

J’imagine que vous l’avez déjà vu mais pour nous c’est tout nouveau, le film vient de sortir à Nairobi. Etant de grands fans de Clint Eastwood réalisateur (nous avions notamment adoré, Gran Torino et Sur la Route de Madison), nous nous y sommes précipités Boris et moi. Invictus est un très beau film, un hommage inspiré à Nelson Mandela, qui méritait au moins ça.

Pour ceux qui ne connaissent pas l’histoire, le film retrace les tous premiers mois de Mandela président et ses tentatives pour réconcilier un pays déchiré. Entre autres symboles d’unité nationale, il parie sur l’équipe de rugby des Springboks, symbole jusque là haï de l’Apartheid (en 95 année où se situe le film, l’équipe ne compte encore qu’un noir). Cette année là, l’Afrique du sud accueille la coupe du monde de rugby et Mandela rêve d’une victoire du drapeau Arc-en-ciel.

Morgan Freeman campe avec génie un Mandela bouleversant de courage et d’humanité. Matt Damon s’en sort bien avec le rôle plus linéaire du capitaine très blanc très blond de l’équipe sud-africaine. On est souvent ému aux larmes, même par des scènes un peu attendues, comme celle où les joueurs initient au rugby les enfants d’un bidonville. Le film a un côté un peu angélique, mais on passe outre pour toutes ses autres qualités, son souffle, son message humaniste.

Le titre est tiré d’un poème victorien de William Ernest Henley, le préféré de Nelson Mandela, qui le lisait et le relisait pendant sa longue détention à Robben Island. Le poète l’a écrit sur son lit d’hôpital, après avoir été amputé du pied. Le titre latin signifie « invaincu ou invincible ».

 

  Out of the night that covers me,
Black as the pit from pole to pole,
I thank whatever gods may be                   
For my unconquerable soul

In the fell clutch of circumstance
I have not winced nor cried aloud.
Under the bludgeonings of chance
My head is bloody, but unbow’d.

Beyond this place of wrath and tears
Looms but the Horror of the shade,
And yet the menace of the years
Finds and shall find me unafraid.

It matters not how strait the gate,
How charged with punishments the scroll,
I am the master of my fate:
I am the captain of my soul.

 

 

Depuis l’obscurité qui m’envahit,
Noire comme le royaume de l’enfer,
Je remercie les dieux quels qu’ils soient
Pour mon âme indomptable.

Dans l’étreinte féroce des circonstances,
Je n’ai ni bronché ni pleuré
Sous les coups de l’adversité.
Mon esprit est ensanglanté mais inflexible.

Au-delà de ce monde de colère et de larmes,
Ne se profile que l’horreur de la nuit.
Et pourtant face à la grande menace
Je me trouve et je reste sans peur.

Peu importe combien le voyage sera dur,
Et combien la liste des châtiments sera lourde,
Je suis le maître de mon destin,
Je suis le capitaine de mon âme.

Arts premiers

14 novembre 2009

Les voici les voilà, les photos promises. Alors là c’est l’expo improvisée jeudi soir dans notre salon. Le clou de la collection d’Emmanuel, c’est le fétiche à l’air effrayant (à gauche sur la photo). Dites un prix pour voir….Photos Nairobi 284                                                                                          

La réponse c’est 1.000 dollars (avant négociation…) Sa valeur, c’est qu’il a été utilisé pour des cérémonies, au cours desquelles on l’aspergeait de sang de vache ou de chèvre, m’a expliqué Emmanuel, en me montrant les traces de sang séché. Là j’avoue, ça m’a un peu refroidie ! Heureusement que ce n’était pas dans nos prix (car bien sûr Boris l’a longuement admiré). Les masques au premier plan, que je trouvais beaux, ne sont que de banales copies (difficile de s’y retrouver, non ?) Emmanuel classe ses trouvailles en trois catégories: ancien (deux générations environ), moyen (20 ou 30 ans) et récent.Photos Nairobi 286 

Et ce masque, à votre avis récent ou ancien ?

Et bien les deux. C’est un masque ancien, qui a été restauré récemment (d’où une moindre valeur). Bon, on a quelques années devant nous pour se faire l’oeil. Finalement, nous avons donc choisi une statuette (récente) du Cameroun, et surtout ce très bel appui-tête congolais, avec deux femmes entrelacées, l’une enceinte, l’autre pas:

Photos Nairobi 283

 

 

 

Mais notre collection ne fait que commencer. Emmanuel (qui a flairé le bon client) a promis à Boris de lui montrer bientôt des poteaux de cérémonies malgaches, soudanais et éthiopiens, genre totem (taille moyenne 1,80 m-2 m). A suivre donc…

Suspense, suspense

13 novembre 2009

Je sais, c’est insoutenable. Depuis hier soir, vous attendez tous le verdict. Chien or not chien ? Bon, avant de vous livrer l’issue de ce bras de fer conjugal, d’abord un grand merci à vous d’avoir participé si nombreux à mon sondage, et avec quelle verve ! Comme le disait ma soeur Sophie, ce chien a su déchaîner les passions. Et, au final, il a bien été adopté, mais par une autre famille, celle d’Helen, collègue de l’AFP, amie et voisine (elle habite la maison d’en face), qui avait elle aussi eu un coup de coeur pour l’animal . Boris pourra donc aller lui dire bonjour de temps en temps ! Cet imbroglio m’aura en tout cas permis de faire la connaissance d’Emmanuel, le marchand congolais, venu hier soir avec d’autres perles de sa collection.

 Il a débarqué vers 19H00, alors que je tentais de faire faire ses devoirs à Joseph, avec un Noé hurlant sur le genou. Comme Boris était retenu au bureau, Emmanuel a eu le temps de tout déballer dans notre salon, brièvement mué en annexe du musée des Arts Premiers. C’était beau ! On a parlé des masques et fétiches, qu’il déniche un peu partout. Congo, Bénin, Tanzanie, Madagascar, Cameroun… Emmanuel parcourt les villages de brousse pour acheter aux vieux ces objets légués de père en fils mais qui n’intéressent pas la nouvelle génération (un peu triste quand on y pense…). Après mûre réflexion, nous avons donc décidé de renoncer à la tête de chien et choisi deux autres objets: un très bel appui-tête Nouba (une bribu du Katanga, au Congo) et une statuette camerounaise au long cou que j’ai immédiatement baptisée E.T. (vous connaissez mon mauvais esprit…). L’un vaut dix fois plus que l’autre (et c’est inversement proportionnel à la taille !). J’ai fait des photos, mais aujourd’hui pas moyen de vous les transmettre, la connection n’est pas suffisamment rapide. Alors demain, si tout va bien !

Caninus belli

11 novembre 2009

Ce soir, Boris a ramené à la maison ça:DSC00919                                                                     une ENORME (au jugé 50 cm sur 30 et deux bons kilos) tête de chien en bois, style masque africain. Quand je dis « ‘a ramené », je simplifie. Car, pressentant sans doute ma réaction, il l’a fait déposer par le chauffeur du bureau, deux heures avant de rentrer. Pour me laisser le temps de m’habituer ??? Joseph et moi on s’est regardés, un peu estomaqués. « Mais qu’est-ce qu’il lui a pris d’acheter ça ? », m’a-t-il lancé, résumant mot pour mot ma pensée profonde…

J’ai commencé à imaginer une parade: un vote familial pour ou contre la tête de chien (qui pouvait en cas de rejet être exilée dans le bureau de Boris). Manque de pot, Clara, sondée, aimait plutôt la chose, nous ramenant à un désespérant 50/50. Finalement, nous avons opté, Joseph et moi, pour une manifestation de désapprobation silencieuse. Après avoir inscrit sur des petits panneaux nos slogans, d’une rare originalité: « A bas la tête de chien » (pour lui), « La tête de chien à la niche » (pour moi), nous avons guetté le retour de Boris. Bon ça l’a fait bien rire et il nous a raconté le fin mot de l’histoire. Un Congolais qui connaissait son prédécesseur a apporté au bureau de l’AFP toute une série de masques et figurines, espérant y trouver des acheteurs. Boris, séduit, lui a EMPRUNTE (la voilà la bonne nouvelle…) la tête de chien jusqu’à demain soir pour me la montrer. La mauvaise nouvelle, c’est qu’il l’aime beaucoup. Malgré mon immédiate détestation, j’en viens donc à douter. D’où cet appel à vous chers lecteurs (trices). Qu’en pensez-vous ? Votez vous pour ou contre la tête de chien qui tire la langue ? Vous avez 24h pour trancher la querelle …

Klaxons, piano et hautbois

4 novembre 2009

Délicieuse parenthèse ce soir, avec un plaisir rare à Nairobi: un concert de musiqueConcert de chambre, organisé par le centre culturel italien. Au programme: Vivaldi, Mozart, Schubert (que j’adore), Mendelsshon (que j’ai redécouvert) et Kabalevsky (un compositeur russe dont j’ignorais l’existence jusqu’à ce jour). Les musiciens — Gianfranco Bortolato au hautbois et Giovanni Dal Missier au piano — ont eu bien du mérite. Le centre culturel, visiblement très dynamique, occupe les 5 et 6e étages d’un haut immeuble sans charme de Westlands, près d’un carrefour très encombré. A chaque pause, on entendait le brouhaha de la circulation, les klaxons. Et, 10 minutes après avoir commencé, les musiciens ont été plongés dans le noir complet pendant plusieurs secondes par une panne d’électricité, avant que le générateur prenne le relais. On était donc loin de la salle Pleyel mais le concert était très beau. Clara et Joseph, qui étaient là, avec deux amis de leur âge, ont beaucoup aimé. Et en rappel, les musiciens ont joué « Après un rêve » de Gabriel Fauré, magnifique mélodie que m’avait enseignée Larissa, ma prof de chant, quand nous vivions en Russie. Cela m’a beaucoup émue de retrouver cet air, plus de 10 ans après, dans un pays si différent. Ecoutez comme c’est beau (surtout quand c’est Kiri Te Kanawa qui chante):

J’espère que vous avez cliqué, car cette vidéo est la première que je parviens à insérer dans ce blog. Après moult vaines tentatives, je viens enfin de comprendre (enfin je crois) comment ça marche. Et pour fêter ça, la bande-annonce de « From a whisper », le film maintes fois primé de Wanuri Kahiu: