Archive for the ‘Bestiaire’ Category

Une lionne dans les faubourgs de Nairobi

4 mai 2012

Ce qu’il y a de bien quand on vit en Afrique, c’est que même sans rien faire on peut parfois avoir l’illusion d’être de vrais aventuriers. De ces pionners qui bravaient tous les dangers pour s’installer sur des terres inconnues…

Hier par exemple, si l’on en croit cette dépêche AFP, nous avons peut-être échappé par miracle aux crocs d’un fauve assoiffé de sang. Et j’aime bien la chute, qui laisse à penser que d’autres lions rodent peut-être… Mais que cela ne vous décourage surtout pas de venir nous rendre visite !

 Une lionne rôdeuse, échappée depuis 4 mois du parc de Nairobi, est abattue
   
    NAIROBI, 3 mai 2012 (AFP) – Les autorités kényanes ont abattu jeudi une lionne qui s’était échappée du parc national de Nairobi et rôdait, avec ses quatre lionceaux, dans le voisinage du parc à une quinzaine de km du centre de la capitale kényane.
   Depuis quatre mois déjà, la lionne s’invitait régulièrement dans un quartier adjacent au parc, a raconté l’autorité de gestion des parcs kényans, le Kenya Wildlife Service (KWS), dans un communiqué.
   Depuis autant de temps, les rangers tentaient de la capturer pour lui faire regagner le parc, ou l’envoyer dans une autre réserve. Sept pièges avaient été installés, qu’elle avait toujours réussi à déjouer.
   « Il était difficile de localiser la lionne, » a expliqué KWS. « Mais nous savions qu’elle était (dans les environs) parce qu’elle avait été repérée grâce à des appareils photos cachés par un résident », a-t-il précisé. De nombreux habitants avaient aussi signalé sa présence.
   La lionne et ses quatre petits avaient fini par être localisés mercredi matin. Mais quand une équipe de vétérinaires et de rangers ont tenté de l’attraper jeudi après-midi, la lionne a commencé à charger, et il a fallu l’abattre, a poursuivi KWS.
   « Les quatre lionceaux, en bonne santé, ont pu être secourus et se trouvent à l’orphelinat des animaux de Nairobi, » a assuré le KWS.
   L’organisme de gestion des parcs appelle toutefois la population du quartier à la vigilance, et à lui signaler d’éventuels autres prédateurs rôdeurs.
   Le parc de Nairobi compte une trentaine de lions, a précisé le porte-parole du KWS, Paul Udoto. Et « il est possible que plus d’un lion se soit échappé du parc, » ajoute l’organisme dans son communiqué.
   aud/jpc

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Sauté de sauterelles

10 juin 2010

Nous passons beaucoup de temps ici à nous extasier devant les girafes, les lions et autres gazelles, mais le Kenya regorge de bêtes beaucoup plus petites qui n’en sont pas moins passionnantes. C’est ce que j’ai découvert ce matin lors d’une visite du département du Musée national consacré aux invertébrés – des blattes aux sauterelles en passant par les mites et les mantes religieuses – bestioles qui ne méritent pas toutes leur mauvaise réputation.

Bizarrement, ces collections ne sont pas ouvertes au public et ne se visitent que sur rendez-vous. Guidé par Michael, éminent spécialiste des sauterelles (il leur a consacré 20 ans de sa vie), notre petit groupe a parcouru l’immense salle où quelque 2,5 millions de spécimens reposent, soigneusement épinglés et étiquetés, dans des tiroirs en bois. Partout flotte une tenace odeur de naphtaline, utilisée pour protéger les insectes morts, séchés au four puis placés sous verre, de l’appétit des vivants.

Ce sont des collectionneurs privés qui sont à l’origine de ce département, fondé en 1909. Les colons venus s’installer au Kenya étaient fascinés par ces insectes inconnus et, souvent, en faisaient collection. Mais, au Kenya comme ailleurs, le monde des insectes reste encore largement mystérieux, seules 10% des espèces existantes seraient répertoriées.

Notre guide étant aussi passionné qu’intarissable, j’en ai appris des choses. Sur les termites par exemple, oui ces mêmes termites qui viennent voleter dans ma maison à chaque grosse pluie. Et bien figurez-vous qu’ils sont d’une fidélité exemplaire. Ils se fiancent dans les airs et abandonnent leurs ailes une fois décidés à convoler, pour ne plus jamais se séparer. J’en viendrais presque à regretter de les avoir occis sans état d’âme.

Plus étonnant encore, Michael nous a fait découvrir les mites tisseuses de soie. A l’instar des vers, leur cocon est tissé de fil soyeux. L’exploitation de cette soie, rare et donc chère, a débuté en Afrique du sud et le Kenya se penche sur le sujet.

Beaucoup d’insectes sont comestibles et consommés. Les termites bien sûr, je vous en ai déjà parlé, mais aussi certaines espèces de fourmis volantes ou de sauterelles. En Ouganda, le kilo de crickets – une gourmandise locale – vaut deux fois plus cher que le boeuf. Et les chercheurs ont découvert que cet insecte regorgeait de zinc. On pourrait donc en faire des suppléments alimentaires, en a conclu Michael, jamais en reste d’une idée pour démontrer les bienfaits apportés par ses chers insectes. En revanche, mieux vaut ne pas se tromper de sauterelle. Il en existe de très toxiques, qui sont vertes avec de belles ailes multicolores, comme pour appâter les gourmands !

French Kiss

25 avril 2010

Depuis quinze jours, nous fréquentons assidûment les girafes. Celles d’abord du Girafe Center situé dans le quartier de Karen, à l’ouest de Nairobi. Perché sur un petit promontoire, on peut nourrir les girafes, quasi nez à nez, voire bouche à bouche lorsqu’on n’hésite pas comme notre facétieux Joseph à tenir entre ses lèvres la nourriture dont elles sont friandes. C’est la figure dite du « French Kiss »:

Vous le distinguez à peine sur la photo mais ce gracieux animal est, comme ses congénères, doté d’une langue bleue, assez gluante et qui mesure 40 cm. Autant vous dire que Joseph est le seul à avoir tenté l’expérience. Nous nous sommes bornés à les nourrir à la main et encore on les a bien savonnées à la fin.

Le centre héberge des girafes de Rothschild, l’une des neuf sous-espèces recensées en Afrique. Car il y a girafe et girafe. Au Kenya on peut en rencontrer trois sortes. Outre les girafes de Rothschild, on y trouve les girafes Masaï et les girafes réticulées. On les distingueà la couleur de leurs pattes (blanches pour les girafes de Rotschild) et à la forme de leurs tâches (bien délimitées pour les girafes réticulées, plus floues pour les autres).

Mais notre plus belle rencontre avec les girafes, c’était ce week-end, lors d’une ballade à Crescent Island, sur le lac Naïvasha. Un lieu magique dont je vous avais déjà parlé dans l’un de mes tous premiers posts . Nous y avons admiré deux girafons de un et deux mois, et un vieux mâle curieux, qui nous a tourné autour pendant de longues minutes. A se demander qui observait le plus attentivement l’autre !

PS: Merci à Sophie pour sa photo !

Dik Dik

5 janvier 2010

Est-ce parce que c’esdik-dik Tanzaniet l’un des tous premiers animaux sauvages que j’ai vu au Kenya que j’ai une tendresse toute particulière pour le Dik dik (diki diki en swahili) ? C’était au bord du lac Naïvasha, sur Crescent Island. Guidés par un ranger, Moses, nous marchions depuis un petit moment à la recherche des animaux, et ne voyions absolument rien autour de nous, mis à part des petits tas de crottes, qu’il nous signalait consciencieusement ici ou là. Je commençais à me demander si nous allions voir autre chose que des déjections en tous genres quand, tout à coup, deux Dik dik (s??) ont virevolté dans les buissons. Il faut avoir l’oeil car ces antilopes sont aussi craintives que minuscules: 30 à 40 centimètres au garot, la taille d’un gros lièvre ! Leur nom étrange vient du cri qu’elles poussent lorsqu’elles sont effrayées. Mais leur vivacité et leur petite taille leur sont d’un grand secours pour échapper aux prédateurs. Il leur est aisé de disparaître dans un fourré.

dik-dik KenyaLes Dik dik sont paraît-il d’une fidélité parfaite: un couple se forme pour la vie. Et, selon certaines légendes africaines, si l’un des deux meurt, l’autre mourra de chagrin…

Termites

4 octobre 2009

Hier, nous avons connu notre première vraie pluie tropicale. Après un temps lourd pendant toute la semaine, la pluie est arrivée samedi vers 18H00, apportant une fraîcheur bienfaisante. Elle a été suivie d’un épisode moins agréable: une invasion de termites ailés dans toute la maison. Ces bestioles, qui ressemblent à de petites libellules, sortent apparemment à chaque grosse pluie. Les larves déploient alors leurs ailes et s’envolent vers les sources de lumière. Elles s’infiltrent dans les maisons en se faufilant par tous les interstices, et nous en avons beaucoup ! Nous nous sommes donc retrouvés envahis de dizaines de termites volant partout de manière désordonnée, se cognant aux murs. La première surprise passée, Boris a entrepris de colmater les fentes des fenêtres avec du scotch pendant que Joseph, armé du journal local, partait en chasse. Il en a occis 17, à sa grande fierté. Totalement inoffensifs, ces insectes envahissants perdent rapidement leurs ailes et se mettent à ramper sur le sol pour se reproduire avant de mourir peu après. Il semble que dans beaucoup de pays africains, notamment le Zaïre, ils soient considérés comme des mets de choix, consommé crus ou grillés, comme des cacahouètes ! Selon le récit d’un ethnologue  trouvé sur internet, leur saveur serait, je cite, « plus délicate que celle de la crevette ». Mais rien à faire, je n’ai pas l’intention d’essayer !

King of the jungle

19 septembre 2009

Photos Nairobi 218Photos Nairobi 221

Depuis quelques jours, on croise des lions partout dans Nairobi ! Des statues grandeur nature parsèment les trottoirs,  les centres commerciaux.  Décorées par des artistes ou des écoles, elles veulent attirer l’attention des passants sur un phénomène qui préoccupe associations de défense des animaux et amoureux de la nature: la disparition progressive de ces grands félins au Kenya. Le pays ne compte plus que 2.000 lions, contre 30.000 dans les années 1970. Victimes des chasseurs ou des éleveurs qui les empoisonnent pour protéger leurs troupeaux, les lions pourraient disparaître des savanes kenyanes d’ici 2030 si rien n’est fait pour les protéger, selon ces ONG.  Et pour mobiliser la population, chaque statue est accompagnée d’un slogan: « chaque lion rapporte 1.000.000 de shillings (10.000 euros) par an au Kenya » ou « cent lions sont tués chaque année ».

Eléphanteaux

6 septembre 2009

Charmante escapade hier samedi pour aller voir l’orphelinat de bébés éléphants. Il est niché au sein du Nairobi national park, une vraie réserve située au sud de Nairobi où l’on peut paraît-il observer zèbres, girafes, lions ou hyènes … sur fond de grattes-ciel ! (je vous rassure tout de suite, le parc est clôturé, sauf au sud, pour permettre aux animaux de migrer vers les autres réserves). L’orphelinat, fondé en 1977, recueille les éléphanteaux abandonnés, le plus souvent parce qu’ils sont tombés dans des puits ou que leur mère a été victime de braconniers. Les éléphanteaux y demeurentLe benjamin de la troupe: âgé de 5 jours ! jusqu’à 2 ou 3 ans, puis sont transférés vers une autre structure dans le parc de Tsavo. Quand ils sont aptes à se débrouiller tout seuls, vers 8 ou 10 ans, ils retournent à la vie sauvage.

 

 

Le benjamin de la troupe, âgé de 5 jours seulement !

                                                                      Photos Nairobi 255

La blague de Joseph: tu vois Noé,  si tu étais un bébé éléphant, tu aurais un biberon beaucoup plus gros !