Emeutes anti-somaliennes à Nairobi

Ethnic Somalis hold weapons as they chant slogans against a rival group in Nairobi(photos AP)

Nombreuses tensions depuis 48 heures au Kenya. Cela a commencé dimanche en fin d’après midi avec un attentat contre un bus dans le quartier d’Eastleigh, à Nairobi. Eastleigh, c’est le bastion des Kényans d’origine somalie et des réfugiés somaliens, à tel point que le quartier est surnommé ici « Little Mogadishu », la petite Mogadiscio. J’y suis allée il y a quelques mois et c’est vrai qu’on se croirait en Somalie avec des mosquées à tous les coins de rue et des commerces partout, tous tenus par des Somalis.

Pour être parfaitement honnête, cet attentat ne m’a pas fait réagir plus que cela, dans un premier temps. C’est terrible à dire mais on devient un peu blasé à force. Depuis l’entrée de l’armée kényane en Somalie en octobre 2011, il y a eu de multiples attentats au Kenya, souvent des jets de grenade contre des bars, des restaurants, des églises. A Nairobi, à Mombasa ou à Garissa, une ville de l’est du pays proche de la frontière somalienne.

Mais l’attentat de dimanche a été particulièrement meurtrier, neuf morts et plus de 30 blessés, et il a déclenché une vague de violence contre les Somaliens à Eastleigh. Dimanche soir et toute la journée de lundi, des foules en colère se sont affrontées, Kényans contre Somaliens, à coup de pierres ou de pangas (les machettes locales). Des gangs criminels s’en sont mêlés m’a expliqué un habitant du quartier.

Le ressentiment contre les Somaliens n’est pas nouveau ici. Ils ont un physique différent, professent une autre religion (l’Islam alors que plus de 70% des Kényans sont chrétiens), forment une communauté très solidaire et réussissent à merveille dans les affaires: de quoi susciter jalousie et animosité chez certains Kényans. Mais les choses ont encore empiré depuis un an. Le Kenya a annoncé son intention de chasser la milice islamiste Al Shebab du sud somalien, et y est en partie parvenu, en collaboration avec les troupes de l’Union africaine. Les Shebabs ont promis de se venger et les attentats – non revendiqués pour la plupart – se sont multipliés.

Du coup, pour beaucoup de Kényans, Somalien rime avec terroriste en puissance. La police et l’armée ne sont pas en reste. Les contrôles au faciès sont devenus monnaie courante, provoquant l’exaspération et la peur dans la communauté somalienne . Hier encore, après l’assassinat de trois des leurs à Garissa, des soldats kényans ont semé la terreur dans la ville, mettant le feu au marché et brutalisant des civils d’ethnie somalie, selon des témoins.

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