Hommage

Mon hommage est tardif mais j’ai été très touchée par la disparition récente de plusieurs journalistes. Je ne suis pas une journaliste de guerre, ne le serai sans doute jamais. Ma seule expérience d’un pays en guerre est toute récente, elle remonte à ce saut de puce à Mogadiscio, fin janvier. Trop court pour vivre la peur, mais suffisamment agité pour admirer ces reporters qui, eux, risquent quotidiennement leur vie.

La journaliste américaine Marie Colvin était l’une des plus célèbres correspondantes de guerre. Le visage barré d’un bandeau noir, car elle avait perdu son oeil gauche lors d’un reportage au Sri Lanka, Marie Colvin a été le témoin de tous les grands conflits de ces vingt dernières années. Le 22 février, elle a été tuée dans un bombardement des forces syriennes à Homs, aux côtés du photographe français Rémi Ochlik. Une journaliste du Figaro, Edith Bouvier, grièvement blessée là-bas, vient tout juste d’être rapatriée en France pour y être soignée. En janvier, le journaliste de télévision Gilles Jacquier avait lui aussi trouvé la mort à Homs.

Il faut lire le dernier article de Marie Colvin, publié par le Sunday Times juste après sa mort, reportage bouleversant de sensibilité et d’intelligence. Il faut aussi entendre le discours qu’elle avait prononcé en hommage aux reporters de guerre tombés avant elle. Extrait: « Many of you here must have asked yourselves, or be asking yourselves now, is it worth the cost in lives, heartbreak, loss? Can we really make a difference? I faced that question when I was injured. My answer then, and now, was that it is worth it ».

Et dimanche soir, c’est en Somalie qu’un journaliste a été assassiné. Ali Ahmed Abdi, journaliste de la station privée Radio Galkayo a été abattu de plusieurs balles dans la tête par trois inconnus. C’est le troisième journaliste somalien tué en Somalie depuis le début 2012, après les directeurs de deux radios basées à Mogadiscio, Radio Shabelle et Radio Somaliweyn.

La Somalie est le pays le plus meurtrier d’Afrique (du monde ??) pour la presse. Au moins 25 journalistes y ont trouvé la mort depuis 2007 et beaucoup d’autres ont été blessés, selon Amnesty international. Personne n’a jamais été traduit en justice pour ces crimes.

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3 Réponses to “Hommage”

  1. hubert Says:

    Quelle tristesse. et quel métier dangereux aussi, mais comme disait marie Colvin : ? It is Worth it ? … On ne parle pas beaucoup de tous ces décès de journalistes en Somalie…

  2. yibus Says:

    Une pensée à tous les journalistes de l’AFP et des autres médias qui ont le courage d’aller sur place raconter ce qu’ils voient pour que nous sachions.
    Et merci à toi d’en parler.

  3. Wolfrom Says:

    ils sont forts et nous rendent un service immense, tous ces journalistes qui vont voir et rendent compte malgré les difficultés et les risques. Ils sont notre rempart de première ligne contre la dictature, puisque celle-ci utilise d’emblée les armes du secret et de la peur.

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