Justice internationale

Lundi était un jour crucial pour le Kenya. La Cour pénale internationale devait en effet confirmer ou non les charges contre six hautes personnalités kényanes, accusées d’avoir orchestré les violences post électorales de 2007/2008. Je vous en ai déjà souvent parlé ici et je ne vous rappelle donc pas tous les détails de ces affrontements politiques, puis inter-ethniques, qui se sont soldés par environ 1.200 morts et 600.000 déplacés sans compter les blessés et les victimes de violences sexuelles.

Parmi les accusés figurent deux candidats à la présidentielle et la décision de la CPI était donc potentiellement très importante pour la suite de la campagne. On craignait aussi que d’éventuelles tensions ne dégénèrent en affrontements.

Mais au final, la décision de la CPI a été accueillie dans le calme. Je suis allée regarder l’annonce, retransmise en direct à la télévision depuis La Haye, dans un restaurant du centre ville. Les visages étaient tendus mais résignés ou satisfaits, selon les cas. Les charges ont été confirmées pour quatre des six personnes mises en cause, au premier chef  les deux candidats à la présidentielles évoqués plus haut: le vice-Premier ministre et ministre des Finances Uhuru Kenyatta, fils du père de l’indépendance, et William Ruto, un ex-ministre.

William Ruto et Uhuru Kenyatta

Cela a à la fois tout changé et rien changé. Pour la première fois dans l’histoire du Kenya, des responsables politiques de très haut rang vont devoir répondre de leurs actes devant un tribunal et ça c’est un coup porté à la totale immunité dont ils ont joui si longtemps. Cela devrait aussi calmer leurs velléités guerrières. Mais, parallèlement, pas un n’a démissionné de ses fonctions, tous vont faire appel et les deux candidats ont affirmé qu’ils continueraient leur campagne comme si de rien n’était.

Il faudra donc attendre la suite, pour savoir si la décision de la CPI représentera un tournant dans l’histoire du Kenya. Si elle changera véritablement le cours des choses ou ne sera qu’un dos d’âne facilement surmonté.

PS ajouté le 26 janvier: je me dois d’actualiser ce post puisque, devant la pression, les deux responsables occupant  encore des fonctions publiques, messieurs Kenyatta (ministre des Finances) et Muthaura (chef de l’administration) ont finalement présenté leur démission aujourd’hui. Le président Kibaki les a acceptés. C’est une victoire pour la société civile kényane qui a milité avec énergie pour leur mise à l’écart, même si, pour une mystérieuse raison, M. Kenyatta reste vice-Premier ministre. J’ai appris la nouvelle par twitter et l’ai immédiatement fait partager aux gens autour de moi, des Kényanes, qui n’ont pas caché leur satisfaction !

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Une Réponse to “Justice internationale”

  1. tatiana néré haquin Says:

    on peut se réjouir de ce retournement. un petit pas..

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