Attentats à Nairobi

Je  n’oublie pas ma promesse de vous raconter le Cap, en mots et en photos. Mais ce soir, désolée, je n’ai pas le coeur à ça. Deux attentats en moins de 24 heures ont fait un mort et plus de vingt blessés à Nairobi. Que de changements depuis notre départ guilleret en vacances ! Partis d’un pays en paix, nous sommes rentrés dans un Kenya engagé dans un bras de fer bien hasardeux avec la milice islamiste radicale somalienne Al Shebab.

Le lendemain de notre départ pour l’Afrique du sud, le 16 octobre, l’armée kényane entrait en Somalie. Officiellement, il s’agit pour le Kenya de créer une zone tampon le long de la frontière afin d’éviter de nouveaux enlèvements, après ceux de deux touristes à Lamu et de deux employées de MSF à Dadaab. Mais quel risque pris ! Et pour quel résultat ?

Il faut savoir que le Kenya abrite une très importante diaspora somalienne, à Nairobi notamment, et que de nombreux Kényans appartiennent à la même ethnie que les Somaliens. Depuis le début de la guerre civile en Somalie, il y a 20 ans, Nairobi s’était donc bien gardé d’intervenir, même si ces derniers temps le Kenya avait discrètement entraîné des miliciens somaliens hostiles aux Shebab.

Et puis, brusquement, ce virage à 180 degrés avec l’intervention armée. J’ai beau retourner la question dans tous les sens, je ne comprends pas la logique. D’autant que rien ne prouve que les miliciens Shebab soient à l’origine des quatre enlèvements qui auraient décidé le Kenya à intervenir. Ils ne les ont jamais revendiqués et on ne voit pas très bien quel intérêt ils auraient eu à provoquer le Kenya de la sorte. Jusqu’à présent ils ne s’étaient jamais attaqués ni à Lamu ni à Dadaab, des cibles pourtant faciles puisque si proches de la Somalie.

Y aurait-il eu provocation pour entraîner le Kenya dans la guerre ? Mais de qui ? Une seule chose est sûre, les Shebab n’ont pas apprécié l’incursion de l’armée kényane sur leur territoire et ont promis des représailles. Les deux attentats à la grenade perpétrés lundi leur ont donc été imputés par la police kényane, qui craint d’autres attaques.

A voir sa tragique impuissance, nous aussi. J’étais ce midi à la conférence de presse du chef de la police qui assurait que ses forces « faisaient de leur mieux » et que des « renforts en civil » avaient été déployés dans les lieux publics. C’est sans doute parce qu’ils ne portaient pas d’uniforme qu’aucun journaliste n’a vu le moindre policier supplémentaire….

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