Wangari Maathaï

C’était la Kényane la plus célèbre au monde. Wangari Maathaï, première femme africaine récompensée du prix Nobel de la paix (en 2004) est morte d’un cancer dans la nuit de dimanche à lundi. Elle avait 71 ans.

Avant tout connue pour son combat contre la déforestation, « Celle qui plante des arbres » (titre de son autobiographie) a mené bien d’autres luttes. Contre le régime autoritaire du président Moï dans les années 80 et 90, ce qui lui vaudra d’être molestée et emprisonnée plusieurs fois, pour les droits de la Femme…

Dans les années 70, elle a fondé le Mouvement de la ceinture verte, qui revendique avoir planté 40 millions d’arbres sur le continent depuis sa création.

Députée, membre du gouvernement de 2003 à 2005, Wangari Maathaï faisait montre d’une force de caractère difficile à accepter pour certains. Son ex-mari lui reprochait d’être « trop instruite, trop forte, trop brillante, trop têtue et trop difficile à contrôler ». Un bel hommage !

Sa mort a ému les Kényans, très attachés à cette personnalité hors norme qui n’a jamais mâché ses mots. Pour La Croix, je suis allée recueillir quelques réactions. Les voici:

Bien avant les communiqués officiels, tardifs, l’hommage est venu de la rue. Dans les matatus, ces petits taxis collectifs, les centres commerciaux, et même sur sa page Facebook, les Kényans faisaient tous part de leur tristesse à l’annonce de la mort du Professeur Wangari Maathai, comme on l’appelait ici avec respect. « Nous la pleurons, l’Afrique la pleure. Elle était un exemple. Elle a travaillé dur pour notre pays et jamais pour son profit personnel », réagit avec émotion Helen, une pâtissière de 42 ans rencontrée dans la rue. Peter, jeune marchand de journaux du centre de Nairobi, a été témoin de son action sur le terrain. « Dans ma région de Muranga (centre du Kenya), les chutes de pluie étaient devenues insuffisantes. Elle a apporté des plants en 2008 et mille arbres ont été plantés. Cela a donné du travail à beaucoup de gens». Célèbre dans le monde entier, Wangari Maathai était profondément appréciée au Kenya, où elle a été de tous les combats. Lutte pour l’environnement bien sûr, dans un pays où la surface des forêts a fondu de 30% à 1,7% en un siècle, mais aussi pour les droits de la Femme et la démocratie. « Elle s’est battue, battue, et le gouvernement a toujours fini par céder », témoigne Gladys Ogolah, 65 ans, qui dirige une association féministe et a travaillé à ses côtés. « Personne ne pouvait corrompre Wangari. C’était une femme merveilleuse mais intransigeante quant il s’agissait de l’environnement ».  Cela lui a valu des difficultés.  « Après son prix Nobel, nous étions tous sûrs qu’elle serait nommée ministre mais elle n’a jamais dépassé le stade de secrétaire d’Etat », souligne Catherine Lore, une gynécologue qui la connaissait de longue date. « Elle était proche des pauvres, des femmes surtout, et nous a appris que nous, Africains, pouvions trouver les solutions à nos problèmes ».

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