Dar es Salaam by day

C’est le dernier épisode de mon court séjour à Dar es Salaam.  Emballée par ma visite du musée national, je décide d’aller faire un tour sur le front de mer pour mieux appréhender la ville. Première étape: le marché au poisson, « pittoresque » selon mon guide. « Attention aux pickpockets », me met surtout en garde le chauffeur de taxi en me déposant. Effectivement l’ambiance est un peu particulière. Je suis la seule blanche et tout le monde me regarde, mi-amusé, mi-perplexe, du coin de l’oeil.

Mon sac autour du cou (pour plus de sécurité), j’avais laissé quelques petit billets dans la poche arrière de mon jean: si des pickpockets rôdaient par là, je préférais qu’ils me volent quelques shillings tanzaniens plutôt que mon précieux appareil photo. Stratégie vouée à l’échec. « Attention à votre argent. Rangez-le », me dirent plusieurs passants jusqu’à ce que j’obtempère. Au passage, je trouve que le guide, légèrement angélique, aurait pu mentionner ces quelques conseils de base… 

Un peu refroidie par l’ambiance et l’odeur de fin de marché, je décide d’aller faire un tour sur la plage voisine pour prendre quelques photos. L’atmosphère est assez désolée. Je passe à mi-chemin entre un clochard et un groupe de jeunes désoeuvrés, prends trois photos à la volée et reviens vers la chaussée quand je me fais interpeller par un policier. « Interdit de prendre des photos autour de la présidence, effacez-les », me lance-t-il.

La résidence du président est bien là, à quelques dizaines de mètres, mais dans la direction exactement opposée à celle de la plage. J’argumente donc, je noie le poisson et je file sans demander mon reste, avec mes photos volées. Le reste de la ballade sera tout aussi décevant. En fait, très peu de bâtiment coloniaux demeurent et ils ne sont pas particulièrement beaux. J’ai marché longtemps mais rien vu de très intéressant, si ce n’est ce guérisseur Masaï qui soigne tout avec ses racines et écorces de plantes.

Dernière image de Dar, ce vendeur ambulant entre deux rangées de voitures. Les embouteillages sont tels ici que les vendeurs s’en donnent à coeur joie. On peut tout acheter: des tapis de salles de bain aux balais brosses en passant par les lunettes. Une clientèle captive et qui s’ennuie, du pain béni !

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3 Réponses to “Dar es Salaam by day”

  1. Hubert Branger Says:

    coucou Marie,
    quel bonheur tes posts.
    C’est toujours une plongée dans un autre monde, qui est pourtant est bien sur notre planète.

    J’adore les photos de boutre, ces bateaux si anciens, marins, capables de se faufiler partout.

    Cela me ramène tout le temps à la lecture des livres d’Henri de Monfreid et de Joseph Kessel.

    Je te mets en courier séparé quelques photos de boutre que j avais prises quand je naviguais a Madagascar.

    Hubert

  2. Julie Gatineau Says:

    Coucou Marie,
    C’est marrant que le post précédent soit d’Hubert, c’est justement lui qui, en parlant de ton blog sur le notre (Figarella) m’a donné envie de lire tes derniers posts.
    Et là, surprise, tu parles de Dar Es Salaam ! Je n’y suis jamais allée, mais j’ai étudié cette ville en long, en large et en travers il y a 2 ans pour préparer mon épreuve de géographie de Normale Sup. Le programme était « Santé et Environnement » et « Dar » était citée comme exemple de l’insalubrité des villes africaines, et surtout du fléau du paludisme. J’avais fait un croquis de la ville dans ma copie de l’ENS !
    Mais surprise encore plus grande, ce que tu racontes fait étrangement écho à ce que j’ai vécu il n’y a pas si longtemps de cela en allant au Mali. L’ambiance des marchés, où quand tu es blanche, tu es regardée avec amusement et perplexité, mais aussi les vendeurs ambulants qui profitent des embouteillages pour vendre des choses aussi incongrues que des balais !
    Merci pour ces nouvelles d’ailleurs, qui me rappellent des souvenirs très marquants.
    Julie Gatineau, dernière de la famille Gatineau, 21 ans (je précise, au cas où !)

    • mariewolfrom Says:

      Je ne suis guère étonnée que Dar ait été choisie pour illustrer les difficultés des grandes métropoles africaines, on sent bien que la ville a du mal à suivre l’inflation rapide de sa population. Quant au paludisme, le plus intéressant je trouve, c’est que Zanzibar soit parvenu à quasiment l’éradiquer ces dernières années. Cela prouve qu’il n’y a pas de fatalité, ce qu’on a tendance à oublier trop souvent quand on parle de l’Afrique. Dire et redire que ce continent est considéré en Europe avec un pessismisme et un fatalisme excessifs est l’un de mes objectifs à travers ce blog.
      PS: et, SVP, arrêtez de vous présenter les filles (je m’adresse aussi à Emilie) ! Je jure être capable de réciter dans l’ordre tous les noms de la jeune génération !

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