Violences post-électorales: les responsables bientôt sur la sellette

Bientôt trois ans que les Kényans attendent ce moment. Après deux commissions d’enquête et des mois d’investigations, le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) Luis Moreno-Ocampo doit dévoiler mercredi les noms de six hauts responsables Kényans accusés d’avoir fomenté les violences post-électorales de 2007-2008. Dans la liste devraient figurer deux ministres, candidats annoncés à la prochaine présidentielle.

Petit rappel des faits. Le 27 décembre 2007, l’élection présidentielle oppose le président sortant Mwai Kibaki au chef de l’opposition Raila Odinga, donné favori. Après plusieurs jours d’incertitude, Kibaki est déclaré vainqueur. Immédiatement, l’opposition conteste cette réélection et dénonce des fraudes massives. Le mouvement de contestation dégénère vite en manifestations et affrontements violents dans plusieurs villes où les partisans des deux hommes s’entretuent.

Dans certaines régions, les violences virent au conflit inter-ethnique. Les Kikuyu (ethnie du président Kibaki) sont pris à partie par les Luo (tribu d’Odinga) et les Kalenjin (alliés à Odinga), et réciproquement. Quelque 600.000 personnes fuient ou sont chassées de leur domicile, dont la moitié échouent dans des camps de déplacés. Les affrontements durent deux mois et font quelque 1.300 morts. Fin février, sous l’égide de Kofi Annan, Mwai Kibaki et Raila Odinga signent un accord de partage du pouvoir. Le premier garde la présidence, le second devient Premier ministre.

Depuis, en dépit des grandes déclarations d’intention, aucun des responsables des violences n’a été poursuivi. Aucun des deux camps n’ayant la conscience tranquille, personne ne souhaitait véritablement faire la lumière sur ces événements. Deux commissions d’enquête ont remis leurs rapports sans que la justice kényane ne s’en saisisse. C’est finalement la CPI qui a repris le flambeau.

En dépit de moults chausse-trapes, Ocampo semble être parvenu à clore son dossier. Certains se disent déçus: de la vingtaine de responsables évoqués au départ, seuls six seraient finalement poursuivis. Mais la majorité des kényans attendent l’issue du procès avec impatience, dans un pays où l’impunité est trop souvent de mise.

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3 Réponses to “Violences post-électorales: les responsables bientôt sur la sellette”

  1. claire Says:

    ces manipulations qui résultent en tueries ne sont possibles que parce qu’elles sont dissimulées. Si les politiques ne disposent plus de façade commode, on peut espérer limiter les affrontements. Je comprend les kenyans de vouloir la clarté, et j’espère que suivront des progrès ailleurs

  2. TheBigBoss Says:

    Il serait bon de rappeler que ceux sont les Kalenjin qui ont les premiers marqué leur mécontentement par la violence… D’ailleurs, avant d’attaquer les Kikuyu, les Kalenjins ont mené des attaques chez les Luhya/Luo (conflit Ruto – Odinga, comme quoi Ruto n’aurait jamais du rejoindre ODM – qui était gagnant dans les sondages); puis les Kalenjins se sont attaqués aux Kikuyus.

    Espérons que les noms seront enfin diffusés, mais j’ai des doutes 😦

  3. TheBigBoss Says:

    Les noms des suspects sont Muthaura, Uhuru, Ruto, Hussein Ali, Henry Kosgey et Joshua Sang (Kass Fm) !!

    J’avais oublié aussi de dire que la plupart des crimes ont été comis par des policiers (crime extra-judiciaires) et c’est pourquoi Hussein Ali, alors Chef de la police, est dans la liste.

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