Archive for octobre 2010

Corruption: le Kenya se mettrait-il enfin à agir ?

27 octobre 2010

A peine rentrée de vacances, j’apprend lundi soir l’arrestation du maire de Nairobi, soupçonné de détournement de fond dans l’achat d’un terrain destiné à la création d’un nouveau cimetière. Quelques jours auparavant, un ministre et homme politique en vue, William Ruto, mis en cause dans une autre affaire de corruption, a été suspendu de son poste par le président Kibaki.

Ces deux grosses affaires, à laquelle s’ajoute la récente mise en cause du ministre des Affaires étrangères, Wetangula, signifient-elles que le Kenya s’attaque enfin à la corruption qui gangrène le pays ? On n’ose y croire et pourtant qui sait peut-être…

La Croix étant intéressée par le sujet, j’ai fait mardi un papier pour eux. L’occasion de faire un petit tour au tribunal de Nairobi pour voir de mes yeux ministre et hauts fonctionnaires devant les juges. Je n’avais pas d’appareil photo mais j’ai quand même pu saisir ce petit cliché grâce à mon tout nouveau téléphone portable. L’édition papier n’étant accessible qu’aux abonnés du journal, je vous ai copié-collé ci-dessous le papier en question:

Jour d’affluence hier au tribunal de Nairobi. Se frayant un chemin parmi le public et les journalistes, le maire de la ville, Godfrey Majiwa, comparaissait dans une affaire de corruption, suivi de peu par l’ex-ministre de l’Enseignement supérieur, William Ruto, poursuivi lui aussi pour détournement de fonds.

Arrêté la veille à son domicile par les agents de la Commission anti-corruption du pays (KACC), M.Majiwa a passé la nuit de lundi à mardi en prison. Il est accusé d’avoir empoché plusieurs centaines de milliers d’euros lors de l’achat d’un terrain destiné à la création d’un nouveau cimetière, fin 2008. Situé à la périphérie de la capitale, le terrain était estimé à quelque 210.000 euros mais la municipalité a déboursé 2,5 millions d’euros – dix fois son prix — pour l’acquérir. Plus d’une quinzaine de responsables locaux ont déjà été inculpés dans cette affaire, la dernière d’une longue série.

Le Kenya est l’un des pays les plus corrompus au monde. Dans le dernier classement de l’organisation non gouvernementale Transparency international, il chute à la 154ème place sur 178, seuls 24 pays étant perçus comme plus corrompus. Ces dernières années, les cas de corruption n’ont cessé de défrayer la chronique: réserves de maïs indûment revendues sur le marché, détournement de fonds destinés aux écoles… Mais en dépit des promesses des politiques, les responsables ont rarement été traînés en justice. La situation semble avoir changé depuis l’adoption d’une nouvelle Constitution, fin août.

Pour Samuel Kimeu, directeur-exécutif de Transparency international Kenya, le texte “offre un cadre légal renforcé” à la lutte contre la corruption. “Il est devenu plus facile pour les citoyens de lancer une pétition pour contraindre la justice ou le Parlement à se saisir des affaires de corruption”, souligne-t-il. Très discret sur ce front depuis son arrivée à la tête du pays fin 2002, le président Mwaï Kibaki, paraît avoir pris acte de cette nouvelle donne. La semaine dernière, il a suspendu William Ruto, son ministre de l’Education supérieure et influent politicien, impliqué dans une autre affaire de vente frauduleuse de terrain. Le ministre des Affaires étrangères, Moses Wetangula, pourrait bientôt connaître le même sort.

Epinglé par un rapport parlementaire, il est accusé d’avoir acheté à prix d’or et dans des conditions suspectes un terrain à Tokyo pour y construire une ambassade, délaissant une offre plus avantageuse du gouvernement japonais. Criblé de questions hier par les députés, il a continué à nier avoir fait mauvais usage de l’argent des contribuables.

Ces affaires marquent-elles un véritable tournant dans la lutte contre la corruption dans le pays ? Les Kényans l’espèrent. “Avant, aucune action n’était entreprise, aujourd’hui au moins les choses avancent”, se réjouit Caroline Nwanjiru, jeune vendeuse de tickets de loto dans le centre de Nairobi. “Il est trop tôt pour le dire, attendons de voir si ces responsables sont condamnés”, nuance Tom Wolf, analyste politique. “Mais de nombreux Kényans, autrefois si cyniques face à ces affaires, suivent les choses de près et les juges, à la réputation ternie ces dernières années, vont être jugés sur leurs actes”. Samuel Kimeu se veut quant à lui “prudemment optimiste” face à ces “signaux positifs”. “Alors que le mandat du président Kibaki approche de son terme”, en 2012, “il pourrait vouloir se prévaloir d’un bon bilan” en matière de lutte contre la corruption, “mais seul l’avenir dira si cette politique ira à son terme”.

Diani

22 octobre 2010

Quittant Tsavo, nous avons rejoint mercredi la route qui relie Nairobi à Mombasa. Direction la côte et ses plages de rêve, plus particulièrement celle de Diani à 30 km au sud de Mombasa. Sur la route, mon passe temps favori, outre la contemplation du paysage, est de photographier l’arrière des bus, souvent pittoresques.   Boris est passé maître dans l’art de suivre un bus à bonne distance et vitesse constante pour me permettre de bien cadrer l’image. Celui-ci était de toute beauté et pour votre information « Hakuna kulala » signifie « ne dormez pas ! ». Je ne sais pas très bien si l’injonction s’adresse au conducteur du bus ou à celui du véhicule qui le suit…

Nous sommes arrivés à Mombasa juste à l’heure du déjeuner et j’ai emmené Boris et les enfants dans une gargotte locale découverte lors de mon dernier séjour. Au menu cuisine indienne et swahili: riz pilau, poulet tandoori ou brochettes accompagnés de naans ou de chapatis.

Rassasiés nous nous sommes dirigés vers le ferry de Likoni, passage obligé pour qui veut aller sur la côte sud. Mombasa est en fait une presqu’île. Un pont permet d’accéder à la côte nord mais pour rejoindre les plages du sud, il faut prendre le ferry.

Deux ferries effectuent la navette entre les deux rives, en dix minutes environ.  Ils sont toujours bourrés à craquer et, en haute saison, on peut attendre des heures avant de monter à bord. La construction d’un pont, maintes fois évoquée, ne semble pas pour demain. Elle est techniquement difficile en raison de l’éloignement des rives et du fréquent passage de navires de toutes tailles. Mombasa est le principal port de l’Afrique de l’est avec Dar es Salam, en Tanzanie.

Quelques dizaines de kilomètres plus loin nous voici à Diani, l’une des plages les plus célèbres du Kenya et pour cause: douze kilomètres de sable blanc, poudreux comme de la farine, parsemé de cocotiers et de baobabs centenaires. Splendide ! Arrivés pétris de projets de ballades (une vieille mosquée, une forêt sacrée…), nous décidons finalement de ne pas bouger d’un pouce et de nous contenter d’admirer la mer pendant notre (trop) court séjour.

 

Tsavo ouest

20 octobre 2010

Notre seconde journée à Tsavo a confirmé notre premier sentiment: cette réserve, grande comme l’Etat d’Israël (!), est l’une des plus belles que nous ayons visité depuis notre arrivée au Kenya. Un petit goût de jardin d’Eden…

Carte postale de Tsavo ouest

19 octobre 2010

Une belle photo (qui n’est pas de moi) pour vous dire que nous sommes partis depuis lundi, profitant des vacances dites de half-term. Nous voici à Tsavo, le très beau parc au sud-est de Nairobi, et plus précisément dans sa partie ouest. Tsavo est célèbre pour sa poussière rouge, qui recouvre tout, des buissons aux éléphants, et s’insinue dans le coffre de la voiture.

Nous avons déjà fait quelques belles rencontres: un troupeau d’éléphants au bord de la piste, hier soir à la tombée de la nuit, des girafes dans le lit d’un torrent, des dik-dik un peu partout… Mais pas encore de lions, descendants des célèbres men-eaters de Tsavo qui avaient décimé les troupes de coolies travaillant à la construction du chemin de fer à la toute fin du XIXe.

Shortcut

15 octobre 2010

« Shortcut », c’est un mot clé à Nairobi. De ceux qu’on apprend dès les tous premiers jours. « Shortcut » en bon français se traduit par « raccourci » mais ici la signification s’apparenterait plutôt à « itinéraire bis ». La capitale kényane souffre d’une congestion légendaire. Sa population ne cesse d’augmenter (3,4 millions d’habitants selon le dernier recensement) mais les infrastructures ne suivent pas ou pas assez vite. 

Les embouteillages sont donc fréquents et peuvent virer au cauchemar quand les matatus s’en mêlent (c’est à dire très souvent). Le temps étant de l’argent, ces petits minibus n’hésitent pas quand ils sont bloqués à coloniser la route, roulant à contre-sens ou sur les bas-côtés. Tout le monde se trouve alors dans l’incapacité d’avancer ne fusse que de quelques mètres et ça peut durer des heures.

Mais heureusement, il y a les shortcuts ! Ce sont parfois des allées privées théoriquement réservées aux résidents mais abusivement empruntées par tous. Ou le plus souvent des pistes de terre reliant deux routes goudronnées. Un petit goût de safari en pleine capitale: on y passe dans un nuage de poussière ou on manque s’y embourber (pendant la saison des pluies). Il y a le shortcut pour ne pas être en retard à l’école, celui pour aller faire les courses… On les fréquente assidûment le jour mais on les évite la nuit car ils ne sont pas éclairés et donc propices aux « cars jacking » (embuscades pour voler une voiture), pratique malheureusement très en vogue ici.

Le tout est de les connaître, ce qui prend un peu de temps. Beaucoup n’ont pas de nom et disposent de plusieurs issues. Un bon chauffeur à Nairobi se mesure souvent à l’aune de sa maîtrise des shortcuts !

Jack et les pirates

12 octobre 2010

Non, ce n’est pas le titre d’un nouveau roman d’aventures mais la confirmation du retour aux affaires de Jack Lang. Il a été bombardé voilà un bon mois « Conseiller spécial du secrétaire-général de l’ONU sur les questions juridiques liées à la piraterie ». En d’autres termes, il est chargé de résoudre le casse-tête du jugement et de l’éventuel emprisonnement des pirates présumés, capturés au grand large par les marines étrangères. A cette fin, Jack Lang parcourt les pays concernés depuis plusieurs semaines, et ce mardi, il était à Nairobi.

Un casse-tête car les pays développés qui ont dépêché leurs navire de guerre dans la région n’ont aucune envie de juger et emprisonner des Somaliens qui pourraient avoir la mauvaise idée de vouloir s’incruster une fois leur peine purgée. La Somalie, en pleine guerre civile, étant hors d’état de juger qui que ce soit,  la communauté internationale s’attache donc depuis deux ans à convaincre les pays d’Afrique de l’est et de l’océan indien de se charger du boulot.

C’est le Kenya qui a ouvert la voie. Depuis 18 mois, le pays a accueilli plus d’une centaine de pirates (en instance de jugement ou condamnés) dans sa prison de Shimo la Tewa, à quelques kilomètres au nord de Mombasa. En échange, l’ONU a financé la modernisation de la prison, la création d’un tribunal (sur place) et a apporté des aides au système judiciaire.

De manière assez cocasse, j’en ai vu un petit échantillon en allant interviewer fin septembre le procureur en charge du dossier piraterie. Ses deux secrétaires disposaient d’imprimantes et d’écrans flambant neufs, sur lesquels elles faisaient une réussite quand je suis arrivée. Dans le bureau du procureur trônait une énorme photocopieuse (louée par l’ONU a-t-il tenu à préciser en regrettant visiblement qu’il ne s’agisse que d’un prêt) et un nouveau système d’air conditionné.

Mais ces aides ont été jugées insuffisantes par le gouvernement kényan qui a mis fin aux accords bilatéraux. Depuis début octobre, la situation est obscure. En théorie le Kenya ne devrait plus accepter de réceptionner des pirates présumés mais dans la pratique il continue de le faire, tout en négociant ferme ses nouvelles conditions avec les pays développés.

Lors de son passage à Nairobi, Jack Lang a tenu une conférence de presse (à laquelle j’assistais bien sûr). Il y a rendu un vibrant hommage au Kenya, qui aurais, je cite, « offert au monde l’exemple d’une nation qui lutte avec grand courage contre la piraterie ». Il a aussi insisté sur la nécessité de convaincre d’autres pays de la région. Les Seychelles (qui ont perdu 30% de leurs revenus en raison de la piraterie) ont déjà commencé à juger des pirates présumés. La communauté internationale veut aussi convaincre l’île Maurice et la Tanzanie de se joindre au mouvement. 

Outre le jugement des pirates, la grande question est de savoir où les emprisonner. Aux Seychelles, la capacité de la prison est apparemment de … 40 places ! Quant au Kenya, il ne veut pas de nouveaux prisonniers étrangers dans ses prisons surpeuplées. L’ONU est donc en train de réhabiliter ou de construire des prisons au Puntland et en Somaliland, les deux républiques autonomes auto-proclamées au nord de la Somalie. Il y a du boulot. Pour l’instant les noms des prisonniers sont inscrits à la craie sur une ardoise, nous racontait un représentant de l’ONU. Un coup d’éponge et hop, on est libre !

Mais alors quelles seront les recommandations de Jack Lang ? Mystère. « Je m’exprimerai le moment venu » , c’est à dire à la fin de l’année, s’est-il borné à répondre aux journalistes.

Cross country, bis repetitam

10 octobre 2010

Clara et Joseph nous ont encore impressionnés cette année, en étant tous deux sélectionnés pour participer samedi au cross country de la très chic école Saint-Andrews à Turi. Cet incroyable pensionat anglais, l’un des plus renommés de toute l’Afrique, est situé à plus de trois heures de route de Nairobi. Doté d’une piste d’atterrissage privée, de gazons et de jardins à l’anglaise manucurés, il détonne, au beau milieu de la campagne kényane. 

Le sport tient une place très importante dans les écoles anglaises. Outre la natation, pratiquée toute l’année (dans une piscine glacée râlent les enfants…), les activités varient selon les trimestres. Au début de l’année, c’est cross-country et cricket (ou rounders pour les filles). Après Noël, tout le monde se met au hockey sur gazon. Enfin au troisième trimestre, les garçons se lancent dans le rugby tandis que les filles pratiquent le net-ball (une sorte de basket en plus compliqué). Les meilleurs de chacune de ces disciplines s’entraînent et participent régulièrement à des compétitions inter-écoles. 

Dès notre arrivée l’an dernier, Clara et Joseph ont montré un vrai talent pour l’endurance. J’aime à croire qu’ils l’ont hérité de leurs grands-pères, le papa de Boris étant un ex-footballeur et le mien un champion universitaire de course à pied.  Rebelote cette année, mais en mieux, puisqu’ils ont tous les deux amélioré leur performance. A Turi, ils ont fini 34e et 19e de leurs catégories respectives au terme d’une course épuisante: 4,75 kilomètres de creux et de bosses pour Clara et 3 km pour Joseph, le tout à 2.400 mètres d’altitude. Respect, comme dirait Agrippine !

 

 

La dynastie Leakey

6 octobre 2010

J’ai découvert lundi lors d’une conférence une famille d’exception: les Leakey, paléontologues de père en fils ou fille, depuis trois générations. Alors qu’ils sont extrêmement célèbres au Kenya et ailleurs, je dois avouer à ma grande honte n’en avoir jusqu’ici entendu parler qu’indirectement, dans une BD, un Blake et Mortimer pour être précise.

L’histoire commence avec Louis et Mary Leakey. Né au Kenya en 1903, dans une famille de missionnaires anglais, Louis Leakey est persuadé que l’Homme est né en Afrique. Fort de cette conviction et de solides études à Cambridge, il entame dans les années 30 des recherches au Kenya et en Tanzanie (alors Tanganyka), avec son épouse Mary. La démarche est révolutionnaire, la plupart des paléontologues estimant à l’époque que c’est en Asie que sont apparus les premiers hommes.

Après plusieurs déconvenues, la persévérance des époux Leakey est récompensée en 1959 par la découverte de leur premier fossile d’hominidé dans les gorges d’Olduvaï, en Tanzanie. Ils baptisent le propriétaire de ce crâne, le plus ancien mis à jour à l’époque,  « Australopithecus boisei ». D’abord estimé par Louis Leakey à quelque 600.000 ans, l’âge du fossile sera un an après évalué à 1,75 million d’années ! Cette découverte incroyable, filmée et diffusée dans le monde entier, leur apporte la reconnaissance mais aussi le précieux soutien du National geographic, qui leur permettra de financer leurs expéditions suivantes.

Dès lors, les découvertes s’enchaînent. Deux ans après ils trouvent le crâne d’un hominidé plus frêle mais au cerveau plus important, « Homo Habilis ». L’un des fils du couple, Richard, prend la suite avec son épouse anglaise Meave. Tous deux explorent le bassin du Turkana, au nord du Kenya. En 1969, lors de l’une de leurs premières expéditions, ils dénichent le crâne d’un « Paranthropus boisei » dans le lit d’un torrent. « C’est un moment que je n’oublierai jamais », nous a raconté Meave Leakey en plaisantant lors de la conférence, « je me suis dit, whaou c’est vraiment facile ! ».

Depuis, les Leakey et leurs équipes, des Kényans formés à la recherche méticuleuse des fossiles, souvent de minuscules débris, reconstituent petit à petit le puzzle de la naissance de l’Homme. En 1984, l’un des membres de l’équipe des Leakey, Kamoya Kimeu, découvre le « Turkana boy », squelette quasi complet d’un Homo erectus d’une dizaine d’années, mort il y a 1,6 million d’années. « Le rêve pour un paléontologue » , a expliqué Meave Leakey car trouver un squelette permet une bien meilleure connaissance du mode de vie de l’hominidé en question.

Si Richard Leakey a pris sa retraite, sa femme Meave, rejointe par leur fille Louise, poursuit ses recherches. Elle tente notamment de déterminer à quelle date singe et ancêtre de l’homme se sont séparés, sans doute entre 8 et 5 millions d’années avant notre ère, et pourquoi.

Bien d’autre mystères restent à résoudre, a souligné Meave Leakey. On sait que l’ancêtre de l’homme était déjà totalement bipède il y a 3,6 millions d’années mais quand l’est-il devenu ? Et quand a-t-il commencé à se servir d’outils,  à manger de la viande ? La famille Leakey va pouvoir continuer à mener l’enquête !

Douze ans

2 octobre 2010

Ouf, ras les fourneaux !  J’ai du concocter pas moins de quatre gâteaux en deux jours pour fêter les douze ans de Clara: deux gâteaux au yaourt et pépites chocolat pour les copains de l’école, une pavlova aux fraises pour le dîner en famille et un crumble aux pommes (et sa petite crème anglaise) pour la fête avec les copines. Heureusement, me voilà tranquille pour six bons  mois (le prochain, c’est celui de Noé en mars).

Pâtisserie à part, cela fait quelque chose de voir sa fille aînée fêter ses douze ans. Pas encore ado mais vraiment plus petite fille, elle a tellement grandi ces derniers temps qu’elle me dépasse désormais, à sa grande satisfaction. Bon, je sais, vous me direz que l’exploit est somme toute relatif. Cela fait d’ailleurs un certain temps que j’ai compris qu’avec mon mètre soixante-deux sur la pointe des pieds, je finirai par hériter du titre de liliputienne dans cette famille d’asperges.

Bon, mais qu’est-ce que ça fait d’avoir douze ans ?, ai-je demandé à l’intéressée. « On se sent grande. On a l’impression d’avoir grandi en une seule journée et d’entrer dans le monde des pré-adolescents ».