Mombasa

Me voici donc à Mombasa, le grand port kényan situé au bord de l’Océan indien. J’aime l’ambiance de cette ville poussiéreuse, aux façades décrépites. Par rapport à Nairobi, le dépaysement est total: il y fait chaud et humide, on entend le muezzin appeler les croyants à la prière, les gens sont plus nonchalants. Passé 16h, impossible de trouver qui que ce soit de disponible pour une interview !

Il faut dire que les embouteillages ont l’air encore pire que dans la capitale. La journée finie chacun se précipite pour rentrer chez soi. en voiture, en matatu ou en tuk-tuk ces petits véhicules à trois roues si communs en Asie.

J’ai entamé ma journée au tribunal pour suivre une audience consacrée à la défense de sept pirates présumés. Construit sans doute dans les années 50 ou 60, le bâtiment est très agréable avec des ouvertures partout donnant sur des patios verdoyants. Des femmes drapées de leurs kangas, des hommes en costume, patientaient sur des bancs installés dans l’immense couloir qui dessert les différentes chambres.

L’audience étant repoussée de quelques heures, j’ai pu discuter avec des officiers français de la force européenne EU Nafvor, chargée de faire la chasse aux pirates au large de la Somalie et dans le Golfe d’Aden.

Un peu après 11 heures, la session a débuté. Le système kényan est un peu particulier en ce qu’il saucissonne les procès en de multiples auditions. L’exposé des faits, l’audition des témoins, l’interrogatoire des accusés se font à plusieurs semaines voire plusieurs mois d’intervalle. Ce matin c’était aux pirates présumés de présenter leur version des faits. Arrêtés en flagrant délit de tentative d’abordage, arme au poing, ils n’en n’ont pas moins tous farouchement nié les faits qui leur étaient repprochés, après avoir prêté solennellement serment sur le Coran.

Cuisiné par le procureur, chacun a fait exactement la même réponse: « je convoyais des passagers vers le Yemen, je ne suis pas un pirate ». Au troisième ou quatrième interrogatoire, le juge a commencé à piquer du nez, visiblement las du côté un peu répétitif de l’exercice.

Ils m’ont répété la même chose lorsque j’ai pu discuter brièvement avec eux, après le départ du juge, à la fin de l’audience. « On ne comprend pas ce que l’on fait ici ».

« Jamais ils n’avouent », m’a ensuite confié l’avocat de la défense. J’imagine en effet qu’entre passer quelques années en prison au Kenya ou courir le risque de se faire descendre par ceux qui tirent les ficelles de la piraterie en Somalie et ailleurs le choix est vite fait…

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3 Réponses to “Mombasa”

  1. Frédérique Says:

    Qu’est ce que je disais! Tu as vraiment autre chose à faire…
    Ta description de Mombasa donne envie d’y aller se promener, vraiment, ça a l’air super! Tu y es pour combien de temps?

  2. macile Says:

    prends garde à toi! tout ce que tu nous racontes est passionnant et fort bien écrit mais les enfants et surtout noé sans parler de boris s ‘ habjtuent ils à ton nouveau rythme? Votre vie à tous est une sensationelle experience remarquablement conduite !merci pour ce partage !

  3. claire Says:

    tu racontes super bien, on croirait entendre les bruits du tribunal, les bavardages, et les rues de Mombasa! ces procès pour piraterie sont étonnants mais au moins ils mettent quelques pirates à l’ombre pour un moment. Merci à la NavFor.. dis-nous vite la suite..

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