Sauté de sauterelles

Nous passons beaucoup de temps ici à nous extasier devant les girafes, les lions et autres gazelles, mais le Kenya regorge de bêtes beaucoup plus petites qui n’en sont pas moins passionnantes. C’est ce que j’ai découvert ce matin lors d’une visite du département du Musée national consacré aux invertébrés – des blattes aux sauterelles en passant par les mites et les mantes religieuses – bestioles qui ne méritent pas toutes leur mauvaise réputation.

Bizarrement, ces collections ne sont pas ouvertes au public et ne se visitent que sur rendez-vous. Guidé par Michael, éminent spécialiste des sauterelles (il leur a consacré 20 ans de sa vie), notre petit groupe a parcouru l’immense salle où quelque 2,5 millions de spécimens reposent, soigneusement épinglés et étiquetés, dans des tiroirs en bois. Partout flotte une tenace odeur de naphtaline, utilisée pour protéger les insectes morts, séchés au four puis placés sous verre, de l’appétit des vivants.

Ce sont des collectionneurs privés qui sont à l’origine de ce département, fondé en 1909. Les colons venus s’installer au Kenya étaient fascinés par ces insectes inconnus et, souvent, en faisaient collection. Mais, au Kenya comme ailleurs, le monde des insectes reste encore largement mystérieux, seules 10% des espèces existantes seraient répertoriées.

Notre guide étant aussi passionné qu’intarissable, j’en ai appris des choses. Sur les termites par exemple, oui ces mêmes termites qui viennent voleter dans ma maison à chaque grosse pluie. Et bien figurez-vous qu’ils sont d’une fidélité exemplaire. Ils se fiancent dans les airs et abandonnent leurs ailes une fois décidés à convoler, pour ne plus jamais se séparer. J’en viendrais presque à regretter de les avoir occis sans état d’âme.

Plus étonnant encore, Michael nous a fait découvrir les mites tisseuses de soie. A l’instar des vers, leur cocon est tissé de fil soyeux. L’exploitation de cette soie, rare et donc chère, a débuté en Afrique du sud et le Kenya se penche sur le sujet.

Beaucoup d’insectes sont comestibles et consommés. Les termites bien sûr, je vous en ai déjà parlé, mais aussi certaines espèces de fourmis volantes ou de sauterelles. En Ouganda, le kilo de crickets – une gourmandise locale – vaut deux fois plus cher que le boeuf. Et les chercheurs ont découvert que cet insecte regorgeait de zinc. On pourrait donc en faire des suppléments alimentaires, en a conclu Michael, jamais en reste d’une idée pour démontrer les bienfaits apportés par ses chers insectes. En revanche, mieux vaut ne pas se tromper de sauterelle. Il en existe de très toxiques, qui sont vertes avec de belles ailes multicolores, comme pour appâter les gourmands !

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