La bataille du Nil

Un accord historique a été conclu vendredi dernier à Entebbe en Ouganda. Quatre pays africains, riverains du Nil – l’Ethiopie, le Rwanda, la Tanzanie et l’Ouganda – ont décidé de revoir le partage des eaux du fleuve.

La révolte couvait de longue date. En 1929, un accord signé par la Grande Bretagne, puissance coloniale des Etats en amont du fleuve, accorde au Caire un droit de véto sur tous les projets hydrauliques autour du Nil. Trente ans plus tard, en 1959, l’Egypte et le Soudan s’accordent sur une répartition des eaux du fleuve. L’Egypte se réserve la part du lion avec 55 milliards de mètres cubes, et le Soudan, pays où se rejoignent le Nil Blanc et le Nil Bleu, obtient 18,5 milliards de mètres cubes. Au total, ces deux pays se partagent 87% de l’eau du fleuve. Une situation devenue insupportable pour les sept autres pays riverains.

Les multiples tentatives de négociations avec l’Egypte et le Soudan se sont toutes heurtées à une fin de non-recevoir. L’Egypte, dont la population ne cesse de croître, tire du fleuve 95% de ses ressources en eau. Face à cette impasse, les autres pays, qui devraient être rejoints prochainement par le Kenya, la RD Congo et le Burundi, ont décidé de faire cavalier seul.

Le texte signé vendredi prévoit la création d’une commission chargée de gérer tous les projets autour du fleuve: irrigation, barrages. La commission, qui aura droit de veto sur toute infrastructure concernant le Nil, devrait être basée à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne. L’Éthiopie, 85 millions d’habitants, abrite la source du Nil Bleu (85 % du débit) dans le lac Tana, et l’Ouganda, 31 millions d’âmes, celle du Nil Blanc dans le lac Victoria.

Reste à voir ce que fera l’Egypte. La signature de l’accord d’Entebbe a bien sûr fait bondir Le Caire, qui a menacé de représailles. Les experts ne croient pas à une guerre de l’eau, mais ils prévoient une longue bataille juridique, sans doute doublée de négociations en coulisses. Le Caire pourrait porter l’affaire devant le tribunal international de La Haye tout en essayant de convaincre les autres pays de reprendre langue.

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3 Réponses to “La bataille du Nil”

  1. claire wolfrom Says:

    C’est très intéressant de voir ces pays s’entendre pour leur ressource fondamentale qu’est l’eau. C’est vraiment la fin des obligations coloniales on dirait??

  2. TheBigBoss Says:

    Obligations coloniales ?? Toujours et encore, d’autres articles de presse souligne qu’Israel soutient la position de l’Ethiopie (et donc les Etats-Unis) – en échange d’une aide pour se défendre contre l’Erythrée – et s’oppose à la position egyptienne…

    Bref, c’est expliqué là – http://www.infosplusgabon.com/article.php3?id_article=4792

    « Les données historiques indiquant que l’entreprise israélienne « Tahal » a adopté en 1974 un projet de construction d’un canal drainant l’eau du Nil vers Israël en raison de 8 milliards de m3 chaque année, confirme une telle possibilité. En contrepartie, l’Egypte malgré sa signature d’accords de paix avec Israël en 1979, a refusé catégoriquement de traiter avec les « rêves israéliens » d’atteindre les eaux du Nil »

  3. claire Says:

    ouh là là.. ce problème de répartition de l’eau est aussi épineux que les acacias du désert!

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