Les lauréats

La semaine dernière, les lycéens ont fait la fête pour célébrer les résultats du baccalauréat local : le KCSE (Kenya certificate of secondary education). L’examen, qui dure plusieurs semaines, a lieu en fin d’année mais il faut environ trois mois aux correcteurs pour rendre leur verdict. C’est un moment important au Kenya. Le ministre de l’Education tient une conférence de presse pour l’occasion et les résultats font la une de tous les journaux, à la télévision comme en presse écrite. Au delà du succès de tel ou tel (les meilleurs lycéens ont droit à leur photo dans le journal), ces résultats permettent de dresser une sorte d’état des lieux intéressant.

Quelques statistiques d’abord: quelque 337.000 élèves se sont présentés à l’épreuve, un chiffre en hausse de 10% par rapport à l’année précédente. Sur ce total, plus de 80.000 ont obtenu au moins la note C+, minimum requis pour entrer à l’université, soit 25% d’augmentation sur un an.

Cette progression impressionnante ne doit rien au hasard. Le Kenya a fait de gros efforts en matière d’éducation. L’éducation primaire y est gratuite depuis 2003 comme dans plusieurs pays voisins (dont la Tanzanie). Du coup 80% des enfants de cette classe d’âge sont scolarisés. Le nombre d’écoles, primaires et secondaires, a explosé. Revers de la médaille tout de même, par manque de professeurs et de moyens budgétaires, les classes sont surchargées dans les écoles publiques: jusqu’à 60 élèves quelquefois. Difficile d’apprendre dans ces conditions. Beaucoup de parents, comme Célestine, font donc le choix de l’école privée pour assurer une meilleure éducation à leurs enfants. La gratuité est par ailleurs relative puisqu’il faut acheter l’uniforme, le matériel scolaire et même les livres parfois. Mais  les progrès sont là.  

Autre observation, les filles restent à la traîne, ce qu’à déploré le ministre de l’Education. Cette année par exemple, aucune candidate au KCSE n’est parvenue à se hisser dans les dix premières places et elles ne sont que 27 parmi les cent meilleurs. Pourquoi ? D’abord parce qu’elles sont moins nombreuses que les garçons à passer l’examen (45%), ensuite parce que beaucoup sont enceintes lors des épreuves (115 lycéennes ont planché dans des maternités). En la matière, les écarts entre les régions sont énormes. Si la parité est presque atteinte dans le Centre et l’ouest du Kenya, dans le Nord-Est, seuls 3 candidats sur 10 sont des filles. En cause, « des pratiques rétrogrades, comme les mariages précoces », épingle le quotidien Nation.

L’une d’elle a toutefois sauvé l’honneur cette année et de belle manière: Njung’e Grace Wambui, 18 ans, arrivée 11e au classement national. Elevée par une mère célibataire dans le bidonville de Dandora (vous savez celui de la  décharge), repérée pour ses bons résultats scolaires à l’école primaire, elle a bénéficié d’une bourse d’une organisation non gouvernementale pour aller au lycée. Prochaine étape: l’Université !

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2 Réponses to “Les lauréats”

  1. sophie Says:

    3 mois pour corriger !!!!!!!!! J’imagine l’émeute ici.
    En tout cas bravo à Njung’e Grace Wambui, c’est elle en rose sur la photo ?

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