Archive for février 2010

Clin d’oeil

25 février 2010

Une peinture murale  cocasse, vue chez un marchand de couleurs de Nairobi. Messieurs, vous voilà prévenus !

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Petite histoire d’un tube kényan

21 février 2010

Ce week-end, une des plus célèbres chansons du pays, « Kenya Hakuna Matata », a fêté ses trente ans. Elle a été  composée par le musicien kényan Teddy Kalanda Harrison pour apprendre aux touristes venus se prélasser sur les plages de Mombassa quelques mots de swahili, en s’amusant. Une mélodie facile à retenir, des paroles répétitives: une petite chansonnette sympa et sans prétention, pensait son auteur. Il a été pris de court par son succès. Enregistrée en février 1980, la chanson a connu une carrière fulgurante, consacrée par un disque de platine (plus de 100.000 disques vendus) en 1987.

Jambo Salut
 
Jambo, Jambo Bwana, Salut, Salut Monsieur,
Habari gani, Comment ça va,
Mzuri sana. Très bien.
 
Wageni, mwakaribishwa, Etrangers, vous êtes les bienvenus,
Kenya yetu Hakuna Matata. Dans notre Kenya y’a pas de problème.
 
Kenya nchi nzuri, Le Kenya est un beau pays,
Hakuna Matata. Y’a pas de problème.
 
Nchi ya maajabu, Un pays merveilleux,
Hakuna Matata. Y’a pas de problème.
 
Nchi yenye amani, Un pays en paix,
Hakuna Matata. Y’a pas de problème.
 
Hakuna Matata, Y’a pas de problème,
Hakuna Matata. Y’a pas de problème.
 
Watu wote, Tous les gens,
Hakuna Matata, Y’a pas de problème,
Wakaribishwa, Sont les bienvenus,
Hakuna Matata. Y’a pas de problème.
 
Hakuna Matata, Y’a pas de problème,
Hakuna Matata. (mpaka mwisho) Y’a pas de problème. (jusqu’à la fin)

Cette chanson, un guitariste nous l’a chantée dans notre lodge de Masaï Mara.  A peine avait-il fini qu’il s’est fait rabrouer par le barman. Pour beaucoup de Kényans, cette chanson a un goût amer. Si dans les années 80, on pouvait célébrer la douce vie au Kenya, les paroles « Un pays en paix », « merveilleux » et « sans aucun problème », ne sont plus tout à fait d’actualité. Tout le monde garde en mémoire ici les sanglantes émeutes d’il y a deux ans, les affrontements interethniques, les centaines de morts, les dizaines de milliers de déplacés.  Une nounou de la résidence tournait récemment la chanson en dérision : « on n’a pas d’argent », « hakuna matata (Y’a pas de problème) », « on n’a pas de boulot », « hakuna matata », etc… 

La chanson a connu une belle carrière à l’étranger. Plus de 20 versions en ont été tirées, dont une du groupe Boney M. Mais l’auteur de la chanson n’a pas souvent vu la couleur des royalties, déplorait-il ces derniers jours dans une interview. Allez pour finir en beauté, la version Boney M, très « eighties » !

Masaï Mara

19 février 2010

Nous y sommes depuis hier après-midi. Masaï Mara, la réserve la plus célèbre du Kenya, car l’une des seules à abriter les « big 5 » (éléphant, lion, rhinocéros, buffle, léopard). Une plaine sans fin, une savane jaune verte (d’autant plus verte qu’il a beaucoup plu ces derniers jours). Et, posés dessus, quelques arbres isolés ou de petits promontoires forestiers, qui semblent perdus au milieu de cette immensité.

Il faut plusieurs heures de routes depuis Nairobi, dont une bonne centaine de kilomètres sur une piste défoncée, pour rejoindre cette réserve gérée par les Masaï. Dans les kilomètres qui précèdent l’entrée du parc, on en croise beaucoup des Masaï,  toujours drapés dans une couverture bariolée à dominante rouge, orange ou violette. Leurs villages sont impressionants de rusticité: quelques huttes de terre aux toits plats, rarement de tôles, cernés d’une palissade de fourrés, pour se protéger de la faune sauvage. C’est tout.

Notre première halte, hier, au bord de la rivière Mara, a été l’occasion d’un plaisir rarissime car d’ordinaire strictement interdit dans la réserve: sortir de notre voiture. Sous la surveillance d’un ranger armé, nous avons pu nous approcher de la rivière pour observer de très près la baignade d’une famille d’hippopotames et deux crocodiles en embuscade.

Ce matin nous sommes partis, aux aurores comme il se doit, à la recherche de trois lionnes et de leurs lionceaux, entraperçus la veille au soir. Nous les avons trouvés, de même qu’un couple de lions énamourés installé au beau milieu de la piste boueuse, indifférent aux nombreux véhicules de touristes venus les contempler. Autres trophées de notre séjour, quatre guépards faisant la sieste sous un arbre, non loin d’antilopes en alerte face à ce dangereux voisinage, et beaucoup d’éléphants aussi…

Fièvre du samedi soir, calme du dimanche après-midi…

14 février 2010

Petit week-end tranquille à Nairobi. Boris a joué les papas poules en conduisant Clara et sa copine Charlotte au « bal » du lycée français samedi soir. Thème de la fête: « Stars d’Hollywood ».

Dimanche, petite virée piscine et après-midi cool sur la pelouse devant la maison (la première sur la photo en partant de la gauche). Nous n’avons toujours pas de voisins immédiats même si la maison mitoyenne est finie depuis quelques semaines. Boris et Joseph ont fait un foot, vite rejoint par Carlito, un petit voisin kényan, tandis que Noé perfectionnait son quatre pattes et que je tentais sans succès de flemmasser sur notre magnifique couverture de pique-nique Masaï.

Nouvel an chinois

10 février 2010

Côté blog, je cale un peu ces jours-ci, débordée par les soucis techniques. Internet poussif, carte mémoire de mon petit appareil photo portée disparue… et sans photo, j’ai du mal à écrire.

Je l’ai amèrement regretté ce soir mon appareil, lors d’une très pitoresque et incongrue soirée de Nouvel an chinois. C’est Boris qui a repéré l’événement ce matin dans le journal : une double page de pub sur la Chine y annonçait une représentation gratuite d’une troupe artistique du Hunan, à l’occasion du Nouvel an. Sevrés de manifestations culturelles depuis des mois, évidemment on a foncé, bébé sous le bras, au Kenyatta Conference Center.

On était un peu en retard mais pas assez pour éviter les incontournables et nombreux discours (40 minutes au bas mot) sur l’amitié sino-kényane. Fort mal élevés, on en a profité pour faire honneur au buffet chinois installé dans une salle adjacente. Noé s’est gavé de chips aux crevettes tandis que Joseph et moi engloutissions les spring rolls. Quand l’hymne national a retenti (Joseph l’appelle « la Marseillaise kenyane »), on a fait mouvement vers la salle de ce centre de conférence à l’architecture massive quelque peu soviétique (ça nous rappelle des souvenirs).

Bizarrement, le spectacle a commencé par une danse Kikuyu (la principale ethnie du Kenya). Manière sans doute d’illustrer l’immense banière « Brothers, Friends, Partners » suspendue derrière la scène. Ont suivi de fascinants numéros – chinois ceux là – d’adresse ou d’acrobaties: assiettes chinoises, équilibristes, contorsionnistes… Joseph était stupéfait de voir des enfants guère plus âgés que lui multiplier les prouesses sur scène. Il a moins apprécié les chanteuses chinoises, très à l’aise dans le suraigu. Leur chanson a tellement mis nos nerfs à l’épreuve qu’on a fini par un fou rire collectif !

En fait, la nouvelle année chinoise, qui sera celle du tigre de métal, débute le 14 février.  Le Tigre 虎 () selon le zodiac chinois est énergique, aventureux, indépendant, inventif, généreux, sans repos et impulsif. Il s’entend bien avec le Cheval ou le Chien.
Tigres célèbres : Agatha Christie, Tom Cruise, Leonardo DiCaprio, Jodie Foster, Marilyn Monroe, Stevie Wonder et … Boris Bachorz !

Bhadra’s Kitchen

4 février 2010

Depuis 15 jours, tous les jeudis matins, je file chez Bhadra pour un cours de cuisine indienne. Nous sommes une demi-douzaine en général. Une Suédoise, deux Somaliennes, une Belge, une ou deux Françaises et deux Kenyans (des hommes si si), tous consciencieusement sanglés dans notre tablier, stylo en main pour noter les petits trucs de Bhadra.

Elle est assez impressionnante cette dame. A soixante ans environ, elle tient un magasin de fruits et légumes et de plein d’autres choses (yaourt nature, sauces et chutneys faits maison, plantes aromatiques, accessoires de cuisine, etc..) Tous les jeudis, elle donne aussi des cours de cuisine sur sa véranda, et – à ses heures perdues – prépare des buffets sur commande. Son secret ? Bhadra se lève tous les jours à 3 ou 4 heure du matin et commence sa journée par une bonne heure de yoga. Se lever après 6 heures du matin tient pour elle de l’hérésie. Elle est un puits de science sur les vertus de telle ou telle épice et vante – comme mon pédiatre tient tient – les bienfaits du curcuma, antibiotique naturel (à utiliser en petite quantité toutefois en cuisine car il est amer). Avec ses recettes, Bhadra nous fait aussi découvrir des tas d’ingrédients peu usités chez nous, voir inconnus: le paneer (un fromage indien un peu mastoc mais délicieux dans des samossas), le fenugrec ou methi (dont on utilise les graines mais aussi les feuilles, comme pour le coriandre), le ghee (beurre clarifié) ou le drumstick (légume vert long et très fin dont on ne mange que l’intérieur comme les artichauds).

On se relaie aux casseroles, on goûte, on malaxe la pâte à naan ou chapati, on plie et replie les samossas.  Un vrai régal. Et, à la fin, chacun repart avec un dîner indien pour deux, qui nous nourrit bien tous les quatre !

Invictus

1 février 2010

J’imagine que vous l’avez déjà vu mais pour nous c’est tout nouveau, le film vient de sortir à Nairobi. Etant de grands fans de Clint Eastwood réalisateur (nous avions notamment adoré, Gran Torino et Sur la Route de Madison), nous nous y sommes précipités Boris et moi. Invictus est un très beau film, un hommage inspiré à Nelson Mandela, qui méritait au moins ça.

Pour ceux qui ne connaissent pas l’histoire, le film retrace les tous premiers mois de Mandela président et ses tentatives pour réconcilier un pays déchiré. Entre autres symboles d’unité nationale, il parie sur l’équipe de rugby des Springboks, symbole jusque là haï de l’Apartheid (en 95 année où se situe le film, l’équipe ne compte encore qu’un noir). Cette année là, l’Afrique du sud accueille la coupe du monde de rugby et Mandela rêve d’une victoire du drapeau Arc-en-ciel.

Morgan Freeman campe avec génie un Mandela bouleversant de courage et d’humanité. Matt Damon s’en sort bien avec le rôle plus linéaire du capitaine très blanc très blond de l’équipe sud-africaine. On est souvent ému aux larmes, même par des scènes un peu attendues, comme celle où les joueurs initient au rugby les enfants d’un bidonville. Le film a un côté un peu angélique, mais on passe outre pour toutes ses autres qualités, son souffle, son message humaniste.

Le titre est tiré d’un poème victorien de William Ernest Henley, le préféré de Nelson Mandela, qui le lisait et le relisait pendant sa longue détention à Robben Island. Le poète l’a écrit sur son lit d’hôpital, après avoir été amputé du pied. Le titre latin signifie « invaincu ou invincible ».

 

  Out of the night that covers me,
Black as the pit from pole to pole,
I thank whatever gods may be                   
For my unconquerable soul

In the fell clutch of circumstance
I have not winced nor cried aloud.
Under the bludgeonings of chance
My head is bloody, but unbow’d.

Beyond this place of wrath and tears
Looms but the Horror of the shade,
And yet the menace of the years
Finds and shall find me unafraid.

It matters not how strait the gate,
How charged with punishments the scroll,
I am the master of my fate:
I am the captain of my soul.

 

 

Depuis l’obscurité qui m’envahit,
Noire comme le royaume de l’enfer,
Je remercie les dieux quels qu’ils soient
Pour mon âme indomptable.

Dans l’étreinte féroce des circonstances,
Je n’ai ni bronché ni pleuré
Sous les coups de l’adversité.
Mon esprit est ensanglanté mais inflexible.

Au-delà de ce monde de colère et de larmes,
Ne se profile que l’horreur de la nuit.
Et pourtant face à la grande menace
Je me trouve et je reste sans peur.

Peu importe combien le voyage sera dur,
Et combien la liste des châtiments sera lourde,
Je suis le maître de mon destin,
Je suis le capitaine de mon âme.

Foot toujours…

1 février 2010

Bravo et merci à Yibus d’avoir participé à notre petit quizz footballistique. Avec un demi-succès toutefois: si les Eléphants sont bien les joueurs de Côte d’Ivoire, les Fennecs représentent quant à eux l’Algérie. Et au cas où vous auriez raté le match d’hier soir, sans surprise c’est l’Egypte qui l’a emporté face au Ghana. Il y a tout de même eu un certain suspens puisqu’ils ont marqué le seul but de la rencontre 10 mn seulement avant la fin du match !