Archive for janvier 2010

Pharaonique !

29 janvier 2010

C’était la fiesta hier soir en Egypte après la victoire des pharaons, surnom des joueurs de l’équipe nationale. Pharaonique  donc, cette victoire de l’Egypte, qui a balayé l’Algérie 4-0 ! Moi, ce que j’aime bien dans le foot, ce n’est pas tant le jeu que les petites histoires autour. Hier, par exemple la demi-finale de la Coupe africaine des nations qui mettait aux prises l’Egypte et l’Algérie n’était pas une simple compétition sportive, non, c’était une cinglante revanche à prendre. C’est en effet l’Algérie qui a sorti l’Egypte des qualificatifs pour la Coupe du monde. Quasi shakespearien non ?

Mes journaux kenyans préférés ne sont pas très up to date aujourd’hui. Ils font leur une sur la victoire du Ghana face au Nigeria (l’autre demi-finale qui s’est jouée juste avant) car au moment du bouclage, ils ne connaissaient pas encore l’issue du second match. Enfin, si vous avez bien lu le post précédent,  le « Standard » avait bien  senti le coup avec son « Qui arrêtera l’Egypte ? ». Personne apparemment. Le Ghana, équipe fétiche du mari de Célestine, aura fort à faire dimanche, jour de la finale. Heureusement, il y a les sites internet. Je suis donc allée surfer un peu pour vous régaler d’une petite revue de presse de mon cru (j’adore lire les articles de foot dans la presse, c’est mieux que les matchs !).

Il y a par exemple, cette délicieuse perfidie du Soleil, grand quotidien sénégalais, sur l’équipe du Nigéria: « Après 2002, 2004 et 2006, les hommes de Amodu, finalistes en 2000 à domicile, doivent donc s’arrêter une nouvelle fois à ce stade du tournoi. Maintenant, ils auront tout le temps pour se dire que s’ils avaient pensé à profiter de leurs joueurs d’expérience un peu plus tôt dans cette Can pour produire un jeu plus attrayant, ils seraient à la place de leur adversaire ». Ou, plus classique, ce réquisitoire du Figaro contre l’arbitrage du match Egypte/Algérie: « La prestation de M.Koffi Kodja Bonaventure fait peine à voir (…) Ce jeudi à Benguela, le Béninois a une nouvelle fois confirmé sa réputation d’arbitre dépassé. Un penalty litigieux, un rouge infligé à Halliche suite à des réclamations égyptiennes ou encore un manque de pédagogie en fin de rencontre, décidant d’expulser Chaouchi pour une petite semelle. L’Algérie peut enrager ».

Pour finir, un petit quizz: Vous connaissez les Pharaons égyptiens et les Lions camerounais, mais qui sont les Fennecs et les Eléphants ? (trop facile pour Christophe, du service des sports de l’AFP, qui n’a pas le droit de jouer..)

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African cup

27 janvier 2010

Ca a commencé par une remarque anodine de Clara, hier, à l’heure du déjeuner: c’est normal qu’il y ait un monsieur qui dorme sur notre terrasse ? Un peu interloquée, je vais voir. Effectivement, l’ouvrier venu réparer notre parquet gondolé est affalé en travers de la porte-fenêtre, dormant du sommeil du juste. A mes côtés, Célestine rigole: « en ce moment tous les hommes sont épuisés, ils regardent le football jusque tard dans la nuit ».

 La compétition du moment, c’est  la Coupe africaine des nations, très suivie par les Kenyans, même s’ils sont d’ordinaire plus passionnés par le championnat anglais (Tadju est un fan de Manchester City). Dimanche et lundi se jouaient les quarts de finale, retransmis par la chaîne publique KBC jusqu’à deux heures du matin. Quand on sait que les journées commencent très tôt ici, il y a de quoi être épuisé !

Comme pendant la Coupe du monde, ces matchs très suivis peuvent provoquer des tensions familiales. Célestine par exemple ne raterait pour rien au monde un épisode de son soap opera brésilien: « Storm over paradise » (le titre est trop beau en anglais pour que je le dénature par une bête traduction), diffusé tous les soirs à 20h05 pétantes par la chaîne privée Citizen. Coupe d’Afrique des nations ou pas. Elle a donc trouvé la parade: une toute petite télé qui lui permet de ne rien rater des derniers rebondissements de sa série préférée pendant que son mari s’enflamme pour les exploits de son  équipe favorite, celle du Ghana.

Jeudi, c’est les demi-finales. Le Ghana affrontera le Nigeria et l’Egypte l’Algérie, son grand rival, dans un match à haute tension. Pour l’instant l’Egypte, tenante du titre, fait figure de grande favorite de la compétition. En quart de finale elle a  battu les vaillants lions camerounais, 3-1, au terme d’un match acharné qui a duré plus de deux heures. Alors,  « Qui arrêtera l’Egypte ? », s’interrogeait ce matin le journal kenyan « The Standard ». L’Algérie ? Réponse jeudi soir…

Courant alternatif

25 janvier 2010

Je vous ai déjà parlé des pannes de courant à Nairobi. A notre arrivée, en août, l’électricité était rationnée pour cause de sécheresse. Un jour sur deux, l’électricité était coupée de 9h à 17h environ. Elle revenait en général à la tombée de la nuit, juste à temps pour préparer le dîner. Il y avait aussi quelques coupures surprises, mais elles étaient rares.

Depuis la mi-octobre et la petite saison des pluies, il n’y a officiellement plus de pénurie et donc plus de coupures programmées… mais en revanche, les pannes sont assez fréquentes. Je vous en parle ce matin parce qu’hier soir, au moment fatidique bain-des-enfants-préparation-du-dîner, toc, plus d’électricité. On s’en rend tout de suite compte car on entend un petit bip, signal de la mise en route de notre « inverter » (je crois qu’en bon français ça se dit accumulateur). Cette précieuse machine nous permet en cas de coupure d’avoir de l’éclairage — ce qui est bien agréable — mais c’est tout. Rien de ce qui est branché, four, frigo, bouilloire, micro-onde, chauffe-eau, télé, ordinateur… ne fonctionne. Dans ces cas là, on oublie le bain et, faute de four, on fait du riz ou des pâtes. Parfois, l’électricité revient mais très faiblement. Et là, l’inverter n’y comprend plus rien et refuse obstinément de fonctionner. Ces pannes peuvent durer des heures et sont pénibles pour ceux qui n’ont pas de système alternatif, ce qui est le cas de beaucoup de nos voisins. Alors les soirs de pannes finissent souvent en pasta partie à la maison. Et Joseph va se coucher avec une (ou deux !) lampes de poche, histoire de faire face à une éventuelle panne (de courant et d’inverter, ça arrive) pendant la nuit !

Nos aventuriers

24 janvier 2010

Back from Tsavo,  couverts de poussière des pieds à la tête (c’est difficile à voir sur la photo, mais Boris est rentré avec les cheveux ROUX, une curiosité…) Je rassure tout de suite Xavier, cet engin N’EST PAS notre nouvelle voiture, mais un véhicule loué pour l’occasion. Ce qui n’a pas empêché Boris de crever et donc de devoir changer la roue en pleine réserve,  juste après avoir croisé un éléphant fort belliqueux…

Tsavo

21 janvier 2010

Quand on pense réserves au Kenya, ce sont les noms de Masaï Mara ou d’Amboseli – les plus célèbres – qui viennent tout de suite à l’esprit.  Mais, je l’ai découvert depuis mon arrivée, il y a bien d’autres parcs nationaux ici, dont celui de Tsavo, à 250 km au sud-est de Nairobi, où Boris et Joseph ont passé le week-end dernier avec des amis. Ce parc est si grand qu’il a été divisé en deux, Tsavo ouest et est. C’est Joseph qui devait vous raconter son expédition à Tsavo (ouest) mais rien à faire, depuis le début de la semaine, entre l’école, les goûters chez les copains et les pannes d’internet, on n’arrive pas à trouver un moment. Alors en attendant son récit, je vous livre quelques photos qu’il a prises tout seul comme un grand, pendant que son papa négociait les ornières au volant du 4×4 (ce qui l’amuse beaucoup). Regardez-les bien jusqu’à la dernière, il y a une petite question pour vous à la fin…

Cette grosse bête là, qui a beaucoup impressionné Joseph, on ne l’a pas identifiée. Alors si quelqu’un l’a déjà croisée quelque part…

Trénet revisited

16 janvier 2010

Hier matin, dans une bonne partie d’Afrique de l’est, le soleil avait rendez-vous avec la lune et … la lune était là ! Malgré un ciel voilé, nous avons pu observer une belle éclipse annulaire de soleil. Annulaire parce que si la lune était parfaitement alignée devant le soleil, elle ne le masquait pas entièrement, laissant apparaître un scintillant anneau de feu.

C’est Clara qui l’a vue le mieux, car nous n’avions qu’une paire de lunettes adéquate, dénichée par le super efficace Muema, coursier du bureau de l’AFP à Nairobi. Elle a emmené les lunettes à l’école, et, un peu après huit heures, toute sa classe a pu regarder l’éclipse qui a duré un peu plus de 8 minutes à Nairobi. Joseph, Boris et moi avons du nous contenter d’un bref coup d’oeil à travers une vitre teintée. Beaucoup de Kényans ont observé le phénomène, en utilisant le plus souvent des négatifs photo ou des masques de soudeurs.

Au dessus de l’océan Indien, l’éclipse a été visible pendant 11 minutes et 8 secondes, une durée d’éclipse annulaire qui ne se reproduira pas « avant plus de mille ans (le 23 décembre 3043) », selon le site de la Nasa !

Moins poétique, hier toujours, une manifestation a dégénéré dans le centre de Nairobi, faisant au moins un mort. Des musulmans et des islamistes radicaux y protestaient contre l’arrestation et l’extradition programmée d’un très controversé immam Jamaïcain, Sheikh Abdullah al-Faisal, arrivé en douce à Mombassa. Le Kenya essaie de s’en débarrasser depuis plusieurs jours mais il n’y a pas de vol direct pour la Jamaïque et aucun des pays où il devrait faire escale (Etats-Unis et Grande-Bretagne notamment) n’accepte de lui délivrer de visa de transit. Le gouvernement kényan se retrouve coincé, avec l’ immam sur les bras et des responsables musulmans furieux qui réclament une enquête sur les circonstances de la mort du manifestant.

Polygamie

14 janvier 2010

Je sais, je sais, j’ai du retard mais j’ai des excuses. D’abord lundi et mardi, impossible de me connecter sur internet. Le blocage. Complet. Pour quelle raison ? Mystère. Ca marche, ça ne marche pas. C’est imprévisible et exaspérant. Je place tous mes espoirs dans le nouveau système que nous devrions mettre en place bientôt. Mais pour cela, il faut parvenir à installer une ligne de téléphone fixe. Ce qui n’est pas encore gagné… Hier matin, j’étais bien décidée à m’atteler coûte que coûte à la tâche après avoir lu un article intéressant sur la polygamie (bon sujet pour le blog me suis-je dit) quand j’ai été lâchement terrassée par une gastro-entérite. Je n’ai pas été la seule. Joseph, Clara et aujourd’hui Boris: toute la famille y est passée. Je soupçonne Noé, bien grognon et insomniaque en début de semaine, de nous avoir refilé à tous le vicieux virus. Mais refermons la page du bulletin de santé pour ouvrir celle de la polygamie.

Je suis un peu tombée des nues en lisant tout un article de Daily Nation – mon quotidien kényan préféré – consacré à ce thème. Plusieurs députés et personnalités kényanes – tous polygames revendiqués – y prenaient la défense de Jacob Zuma, le président sud-africain, qui vient de convoler pour la cinquième fois à l’âge de 67 ans. Stacey Thobeka Mabhija, 36 ans, est en fait la troisième femme de Zuma, qui a perdu une de ses épouses et a divorcé d’une autre.

Mariage zoulou pour Zuma. Seule entorse à la tradition: les baskets !

La polygamie est une tradition africaine et nous n’avons pas l’intention d’y renoncer pour plaire aux Occidentaux, plaidaient en substance ses défenseurs, dans une sorte de « coming out » assez inhabituel paraît-il à ce niveau de responsabilité. Cela m’a surprise car dans mon esprit, la polygamie était l’apanage des pays musulmans. Or le Kenya est très largement chrétien (plus de 70% de la population). Et beaucoup d’hommes polygames se disent chrétiens pratiquants. En fait, le débat sur cette question est loin d’être nouveau, il dure depuis l’indépendance (1963). Le premier président du Kenya, Jomo Kenyatta, avait cinq épouses. Actuellement les unions polygames sont reconnues au Kenya par le droit coutumier — elles sont traditionnelles chez certaines ethnies comme les Masaï et les Luo — mais elles ne peuvent être sanctionnées par une union civile. Un projet de loi, la « Marriage Bill 2007 », envisage de légaliser ce type d’union. Une première fois retoqué, il est à nouveau devant le Parlement, qui doit en débattre. Cela promet de belles discussions tant le sujet est délicat. Rares sont les politiques à admettre qu’ils sont polygames, cela pourrait leur coûter le vote de certains électeurs. Fortement soupçonné de bigamie, le président kényan Mwaï Kibaki a convoqué une conférence de presse en mars 2009 (avec sa légitime) pour démentir la rumeur !

Back in Nairobi

9 janvier 2010

Nous sommes rentrés ce matin à Nairobi, passant de la neige parisienne à la pluie tropicale. Il pleut en effet beaucoup depuis quelques jours, ce qui est inhabituel en cette période de l’année où le temps est censé être chaud et sec. Mais bon, tout le monde le sait, le climat fout le camp quoi qu’en disent les sceptiques. Il y a deux jours, je faisais la queue dans une boucherie à Paris et une dame toute mise en plis ironisait: « on nous parle toujours de réchauffement climatique mais on n’a jamais autant gelé qu’en ce moment ». Demandez aux Africains s’ils ont de plus en plus froid lui ai-je vertement répliqué. Non mais, il y a un monde, au delà des frontières de l’hexagone !

Il pleut donc à Nairobi mais nous avons eu une belle accalmie dans la journée. Ca tombait bien car il y avait une fiesta dans notre compound pour les deux ans de Sarah, la petite fille d’un couple franco-camerounais. Les enfants s’en sont donné à coeur joie sur le « Bouncy castle » (difficile à traduire ça: château rebondissant, forteresse sautante ? Si vous trouvez mieux je prends). Joseph commence à bien maîtriser le salto avant. Quant à Noé, il s’est immergé avec bonheur dans la piscine à bille pendant que je dévalisais le buffet camerounais…

Dik Dik

5 janvier 2010

Est-ce parce que c’esdik-dik Tanzaniet l’un des tous premiers animaux sauvages que j’ai vu au Kenya que j’ai une tendresse toute particulière pour le Dik dik (diki diki en swahili) ? C’était au bord du lac Naïvasha, sur Crescent Island. Guidés par un ranger, Moses, nous marchions depuis un petit moment à la recherche des animaux, et ne voyions absolument rien autour de nous, mis à part des petits tas de crottes, qu’il nous signalait consciencieusement ici ou là. Je commençais à me demander si nous allions voir autre chose que des déjections en tous genres quand, tout à coup, deux Dik dik (s??) ont virevolté dans les buissons. Il faut avoir l’oeil car ces antilopes sont aussi craintives que minuscules: 30 à 40 centimètres au garot, la taille d’un gros lièvre ! Leur nom étrange vient du cri qu’elles poussent lorsqu’elles sont effrayées. Mais leur vivacité et leur petite taille leur sont d’un grand secours pour échapper aux prédateurs. Il leur est aisé de disparaître dans un fourré.

dik-dik KenyaLes Dik dik sont paraît-il d’une fidélité parfaite: un couple se forme pour la vie. Et, selon certaines légendes africaines, si l’un des deux meurt, l’autre mourra de chagrin…