Dandora

3114056850_0263bfde1aVous êtes quelques uns sans doute à avoir vu le reportage d’Envoyé spécial sur la décharge de Dandora. Peu après, Anne, collègue et amie, a posté sur le blog ce commentaire: « Est-ce que je peux casser l’ambiance ? Après un terrible reportage d’Envoyé spécial ce soir sur la méga-décharge de Dandora à Nairobi: des enfants noyés dans les déchets, un gang armé de machettes, pas d’ONG, une zone de non droit. Incroyable, même si c’est sûrement connu ».

Renseignements pris, c’est connu en effet (pas par moi qui l’ai découvert à l’occasion de ce reportage). C’est le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), basé à Nairobi, qui a mis en lumière toute l’étendue du problème en publiant un rapport sur Dandora en 2007 (comme quoi les « machins » ont parfois leur utilité). Et, en mai dernier, Le Monde y consacrait un long article. Je n’ai pas vu le reportage, j’essaierai de le regarder sur le site internet de France 2. Mais c’est vrai que Nairobi et le Kenya c’est aussi cela: des enfants des rues, des gangs violents, une immense pauvreté, des bidonvilles tentaculaires (celui de Kibera, l’un des plus gigantesques d’Afrique, compte 1 million d’habitants !) et un fossé qui se creuse toujours plus entre riches et pauvres, délaissés par des politiques indifférents ou incompétents. C’est aussi cela – dont je ne vous parle pas souvent parce que je ne suis que rarement confrontée à ces tristes réalités – mais pas seulement. Et depuis que je vis ici, je regrette de voir à quel point l’Afrique, vue d’Europe, se résume au sida, à la famine, à l’insécurité. C’est un peu comme si le Brésil n’était qu’un pays violent ou l’Inde qu’un océan de pauvreté. On oublie la jeunesse de la population, le dynamisme des Africains, leur foi en l’avenir, toutes choses qui sont porteuses d’espoir pour ce continent malgré toutes ses difficultés. Chez les Kenyans que je rencontre, je n’ai jamais perçu ce fatalisme, si pesant en Russie, mais au contraire une formidable envie de s’en sortir.


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5 Réponses to “Dandora”

  1. Anne B Says:

    Je reconnais bien là ton optimisme (partagé par les Kenyans), et je me demande comment tu a survécu en Russie…C’est vrai que nous sommes tellements cyniques vu d’ici. Raconte nous tout, c’est super

  2. céline Says:

    Tu as raison de comparer avec le Brésil, ce sont des pays où il y a une misère immense et en même temps une vitalité qu’on leur envie. Et comme on leur envie cette vitalité, on les renvoie à leur misère, histoire de se réconforter.
    Soit dit en passant, la tienne, de vitalité, n’est pas en reste, avec tes trois loustics, un mari en voyage, une garden-party à organiser, et des articles en veux-tu en voilà sur ton blog, pas mal!

  3. Frédérique Says:

    Bravo pour ces commentaires, réalistes (enfin, c’est mon impression) mais ni larmoyants ni misérabilistes!

  4. yibus Says:

    Bien bien équilibré ton blog (pas évident d’aller voir à côté de son quartier confortable, j’en sais quelque chose à Washington DC, la moitié de la ville est soi-disant « infréquentable », trop dangereuse)… Bravo.

  5. Les lauréats « Hakuna matata… ou presque ! Says:

    […] Elevée par une mère célibataire dans le bidonville de Dandora (vous savez celui de la déchargehttps://mariewolfrom.wordpress.com/2009/11/09/dandora/), repérée pour ses bons résultats scolaires à l’école primaire, elle a bénéficié […]

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