Karen

Karen BlixenJoli voyage dans le temps aujourd’hui, avec la visite de la maison musée de Karen Blixen. Après avoir travaillé le week-end dernier, Boris avait pris sa journée et nous en avons profité pour faire une petite escapade, loin des cartons à vider. La maison se situe à une bonne demi-heure du centre-ville, dans le quartier de Karen, ainsi nommé en l’honneur du célèbre écrivain danois qui y vécut de 1914 à 1931. Elle a été offerte par le Danemark au gouvernement Kenyan en 1963 pour célébrer l’indépendance du pays. Mais le bâtiment n’a été transformé en musée qu’en 1985, dans la foulée de l’immense succès du film « Out of Africa », qui a fait connaître Karen Blixen au grand public. Nous étions donc parmi les touristes en shorts, puisque le musée fait désormais partie des « must see » d’un séjour à Nairobi. Mais cela n’altère qu’à peine le charme du lieu.  De taille modeste, la « ferme africaine » de la baronne Blixen se dressait sur une propriété de plusieurs dizaines d’hectares, où elle espérait faire pousser du café. Malgré un caractère visiblement trempé, elle n’y est pas parvenue, faute de conditions climatiques adaptées. Les pièces — un bureau-bibliothèque, une salle à manger, deux chambres, une salle de bain avec son tub, une cuisine — mêlent objets d’origine (sa malle en cuir Vuitton) et reconstitution (les bottes et la tenue de safari portés par Meryl Streep dans le film), mais gardent la trace de son esprit d’aventure. C’était une belle femme, amoureuse de la vie au grand air, peintre à ses heures, une grande chasseuse aussi, comme en témoignent les multiples photos de ses trophées (dont deux lions tués sur sa propriété où ils terrorisaient les employés). On la voit posant devant les dépouilles, avec son amant anglais Denys Finch Hatton, pâle copie toutefois de Robert Redford, qui l’interprétait à l’écran. C’est après la mort brutale de Finch Hatton, dans un accident d’avion, qu’elle est repartie pour le Danemark, abandonnant une Afrique qu’elle a profondément aimée. Et pour vous donner envie de la (re) lire, quelques extraits de la « Ferme africaine »:

« J’ai possédé une ferme en Afrique au pied du Ngong. La ligne de l’Equateur passait dans les montagnes à vingt-cinq milles au Nord ; mais nous étions à deux mille mètres d’altitude. Au milieu de la journée nous avions l’impression d’être tout près du soleil, alors que les après-midi et les soirées étaient frais et les nuits froides.
L’altitude combinée au climat équatorial composait un paysage sans pareil. Paysage dépouillé, aux lignes allongées et pures, l’exubérance de couleur et de végétation qui caractérise la plaine tropicale en étant absente : ce paysage avait la teinte sèche et brûlée de certaines poteries.

L’horizon que l’on découvre des collines du Ngong est incomparable : au sud des grandes plaines, puis les vastes terrains de chasse qui s’élèvent jusqu’au Kilimandjaro. Au nord-est il y a la réserve des Kikuyu qui s’étend sur près de 160 kilomètres jusqu’au mont Kenya, couronné de neige.

Nous cultivions surtout le café, mais ni l’altitude ni la région ne lui convenaient très bien ; et nous avions souvent du mal à joindre les deux bouts.
Nairobi, notre capitale, n’était qu’à une vingtaine de kilomètres de la ferme.

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2 Réponses to “Karen”

  1. Virginie Says:

    Merci pour cette petite excursion dans le temps…

    retrouves tu ton environnement?

    à ceci près que tu ne vis pas dans une ferme, dans sa description?

    Un jour peut être tes lignes concernant la chasse à la thermite de vaillant Joseph seront relatées dans quelques blogs du futur!

  2. Virginie Says:

    Même si l’emploi du mot thermite (La thermite est un mélange d’aluminium métallique et d’oxyde d’un autre métal, généralement l’oxyde de fer. Sa réaction dite aluminothermique dans laquelle l’aluminium est oxydé et l’oxyde métallique réduit, a été découverte par Hans Goldschmidt en 1893 qui a breveté le procédé en 1895.Cette réaction chimique génère une chaleur intense pouvant atteindre 2 500°C. ) à la place de termite représentait un danger bien plus grand aux yeux de tous, je voulais bel et bien parler de l’insecte volant…
    Joseph n’en reste pas moins très vaillant…

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