Depuis 15 jours, tous les jeudis matins, je file chez Bhadra pour un cours de cuisine indienne. Nous sommes une demi-douzaine en général. Une Suédoise, deux Somaliennes, une Belge, une ou deux Françaises et deux Kenyans (des hommes si si), tous consciencieusement sanglés dans notre tablier, stylo en main pour noter les petits trucs de Bhadra.
Elle est assez impressionnante cette dame. A soixante ans environ, elle tient un magasin de fruits et légumes et de plein d’autres choses (yaourt nature, sauces et chutneys faits maison, plantes aromatiques, accessoires de cuisine, etc..) Tous les jeudis, elle donne aussi des cours de cuisine sur sa véranda, et – à ses heures perdues – prépare des buffets sur commande. Son secret ? Bhadra se lève tous les jours à 3 ou 4 heure du matin et commence sa journée par une bonne heure de yoga. Se lever après 6 heures du matin tient pour elle de l’hérésie. Elle est un puits de science sur les vertus de telle ou telle épice et vante – comme mon pédiatre tient tient – les bienfaits du curcuma, antibiotique naturel (à utiliser en petite quantité toutefois en cuisine car il est amer). Avec ses recettes, Bhadra nous fait aussi découvrir des tas d’ingrédients peu usités chez nous, voir inconnus: le paneer (un fromage indien un peu mastoc mais délicieux dans des samossas), le fenugrec ou methi (dont on utilise les graines mais aussi les feuilles, comme pour le coriandre), le ghee (beurre clarifié) ou le drumstick (légume vert long et très fin dont on ne mange que l’intérieur comme les artichauds).
On se relaie aux casseroles, on goûte, on malaxe la pâte à naan ou chapati, on plie et replie les samossas. Un vrai régal. Et, à la fin, chacun repart avec un dîner indien pour deux, qui nous nourrit bien tous les quatre !


La compétition du moment, c’est la Coupe africaine des nations, très suivie par les Kenyans, même s’ils sont d’ordinaire plus passionnés par le championnat anglais (Tadju est un fan de Manchester City). Dimanche et lundi se jouaient les quarts de finale, retransmis par la chaîne publique KBC jusqu’à deux heures du matin. Quand on sait que les journées commencent très tôt ici, il y a de quoi être épuisé !




