Electrification

25 janvier 2012

Merci à tous ceux qui ont pris le temps de répondre à ma petite colle. Mais en voulant vous donner une piste, je crains de vous avoir induit en erreur puisque vos réponses sont nettement inférieures (heureusement pour les Kényans) à la réalité. En fait 18% des Kényans ont l’électricité.

Claire avait exploré une piste intéressante en essayant de calculer le nombre de Kényans vivant dans des centres urbains, évidemment plus électrifiés que la campagne profonde. Mais sachez que 10% environ des Kényans vivent à Nairobi, sans compter les autres grandes villes que sont Mombasa ou Kisumu.

Mais c’est vrai qu’il y a un gouffre entre les habitants des villes et ceux des campagnes, non seulement pour l’électricité mais pour l’accès à l’eau courante, à des sanitaires, au tout à l’égoût etc, etc… Je vais me replonger dans les chiffres du recensement pour vous donner des exemples plus concrets.

Cela n’a pas grand chose à voir mais cette histoire m’a rappelé que dans la Russie des années 30, en plein développement planifié, on prénommait parfois “Electrification” les nouveaux nés de sexe féminin, dans un bel élan révolutionnaire … Mais, je n’en ai jamais encore rencontré ici !

Coupure

24 janvier 2012

Une bonne vraie coupure d’électricité, qui se prolonge à la nuit tombée, cela faisait un moment que ce n’était plus arrivé. Un temps notre inverter (sorte de grosse batterie) prend le relais et puis, quand ça dure trop comme ce soir, c’est le noir complet.

Du coup, on sort les lampes de camping à piles achetées à Décathlon, on allume les bougies. Boris dégaine sa lampe frontale utilisée pour gravir, dès potron minet, les derniers dénivelés du Mont Kenya. Les enfants s’inquiètent, juste un  peu parce qu’ils commencent à avoir l’habitude. Et moi je peste parce que préparer le dîner, même des pâtes, à la lueur des bougies, c’est assez acrobatique.

Comme si l’électricité était un dû. Heureusement Boris est là pour nous rappeler aux réalités d’une petite devinette bien sentie. Allez, à votre tour: combien de Kényans disposent de l’électricité ? Je vous donne une piste: prenez un chiffre assez bas et divisez-le par deux.

Réponse demain !

Justice internationale

24 janvier 2012

Lundi était un jour crucial pour le Kenya. La Cour pénale internationale devait en effet confirmer ou non les charges contre six hautes personnalités kényanes, accusées d’avoir orchestré les violences post électorales de 2007/2008. Je vous en ai déjà souvent parlé ici et je ne vous rappelle donc pas tous les détails de ces affrontements politiques, puis inter-ethniques, qui se sont soldés par environ 1.200 morts et 600.000 déplacés sans compter les blessés et les victimes de violences sexuelles.

Parmi les accusés figurent deux candidats à la présidentielle et la décision de la CPI était donc potentiellement très importante pour la suite de la campagne. On craignait aussi que d’éventuelles tensions ne dégénèrent en affrontements.

Mais au final, la décision de la CPI a été accueillie dans le calme. Je suis allée regarder l’annonce, retransmise en direct à la télévision depuis La Haye, dans un restaurant du centre ville. Les visages étaient tendus mais résignés ou satisfaits, selon les cas. Les charges ont été confirmées pour quatre des six personnes mises en cause, au premier chef  les deux candidats à la présidentielles évoqués plus haut: le vice-Premier ministre et ministre des Finances Uhuru Kenyatta, fils du père de l’indépendance, et William Ruto, un ex-ministre.

William Ruto et Uhuru Kenyatta

Cela a à la fois tout changé et rien changé. Pour la première fois dans l’histoire du Kenya, des responsables politiques de très haut rang vont devoir répondre de leurs actes devant un tribunal et ça c’est un coup porté à la totale immunité dont ils ont joui si longtemps. Cela devrait aussi calmer leurs velléités guerrières. Mais, parallèlement, pas un n’a démissionné de ses fonctions, tous vont faire appel et les deux candidats ont affirmé qu’ils continueraient leur campagne comme si de rien n’était.

Il faudra donc attendre la suite, pour savoir si la décision de la CPI représentera un tournant dans l’histoire du Kenya. Si elle changera véritablement le cours des choses ou ne sera qu’un dos d’âne facilement surmonté.

PS ajouté le 26 janvier: je me dois d’actualiser ce post puisque, devant la pression, les deux responsables occupant  encore des fonctions publiques, messieurs Kenyatta (ministre des Finances) et Muthaura (chef de l’administration) ont finalement présenté leur démission aujourd’hui. Le président Kibaki les a acceptés. C’est une victoire pour la société civile kényane qui a milité avec énergie pour leur mise à l’écart, même si, pour une mystérieuse raison, M. Kenyatta reste vice-Premier ministre. J’ai appris la nouvelle par twitter et l’ai immédiatement fait partager aux gens autour de moi, des Kényanes, qui n’ont pas caché leur satisfaction !

Sept heures à Mogadiscio

20 janvier 2012

Je reviens tout juste d’une visite express jeudi à Mogadiscio, la capitale de la Somalie. Drôle d’expérience que cette plongée de quelques heures dans une ville soit-disant pacifiée où la mort fait partie du quotidien….

Six mois après la déclaration de famine en Somalie (le 20 juillet dernier), l’agence humanitaire de l’Onu, OCHA, avait décidé d’emmener un petit groupe de journalistes sur place pour faire le point sur la situation humanitaire. Partis très tôt, nous arrivons vers 8h30 à l’aéroport de Mogadiscio, déjà bien brûlé par le soleil. Sur le tarmac, des petits tas bleus nous attendent: des gilets pare-balles et des casques aux couleurs de l’Onu.

Après nous être laborieusement équipés (c’est très lourd un gilet pare-balles, autour de 20 kilos)  et casqués, nous avons droit à un topo sécurité un peu glaçant. “Les Shebab peuvent s’infiltrer n’importe où, n’importe quand. Ces sept derniers jours, il y a eu 11 affrontements armés et de nombreuses explosions de grenades et d’engins piégés. C’est la raison pour laquelle on ne restera pas plus de 30 minutes au même endroit”.

Une fois dûment avertis des risques, nous voilà partis, à bord de nos Casper, véhicules blindés sud-africains surmontés de mitrailleuses. Au volant, des soldats ougandais de l’Amisom, la force de l’Union africaine en Somalie. Première étape: un camp de personnes déplacées par la sécheresse, installé le long de la piste d’atterrissage. Paysage de cactus et de dunes, avec, juste derrière, l’océan indien. 

Quelque 2.700 familles vivent là dans des abris plus que rudimentaires, simples entrelacements de branchages surmontés de bâches en plastique et de tissus colorés. Parmi elles, Habiba et ses quatre enfants de 10 à 16 ans. Veuve de 35 ans, elle en fait bien dix de plus. Elle se plaint du manque de nourriture mais dit se sentir en sécurité dans ce camp proche du quartier général de l’Amisom. “Ce n’est pas le cas partout, glisse l’interprète, ailleurs, il y a énormément de criminalité, de lutte de clans”.

Puis le convoi repart vers un centre de nutrition du PAM, le programme alimentaire mondial. Cela nous donne l’occasion de voir un peu la ville, à travers les vitres étroites du blindé. Les bâtiments blancs, même partiellement détruits gardent un certain charme. Au kilomètre 4, un grand carrefour porte les stigmates de 20 ans de guerre civile. Pas une façade sans impact de balles et, sur le toit terrasse d’un immeuble, un empilement de sacs de sable, mais sans combattants derrière.

Car les islamistes radicaux Shebab ont officiellement abandonné la ville l’été dernier. Depuis, il n’y a plus réellement de front mais le danger n’a pas disparu. Renonçant à l’affrontement direct avec les troupes gouvernementales et les soldats de l’Amisom, les Shebab ont opté pour les opérations de guérilla, un harcèlement permanent à coup de grenades, de mines ou d’engins piégés commandés à distance.

Malgré tout, les habitants semblent se sentir plus en sécurité qu’avant, quand des bombardements indiscriminés les contraignaient à rester terrés chez eux. Autrefois désertée, la grande rue de Mogadiscio est très animée, et même embouteillée ! De multiples échoppes qui vendent de tout, des téléphones portables au cafetières électriques, témoignent que les Somaliens n’ont rien perdu de leur génie commerçant. En cas de doute, des peintures murales bariolées détaillent le type de marchandises disponibles à l’intérieur.

Le centre de nutrition où nous nous rendons est situé dans le quartier d’Hodan. Là, femmes et enfants patientent dans le calme devant d’énormes marmites fumantes. Au menu, comme tous les jours d’ailleurs, bouillie de maïs et soupe de lentilles et légumes, avec une banane et un citron en guise de dessert. La nourriture, fournie par le PAM, est distribuée par une ONG locale à tous ceux qui se présentent, environ 7.000 personnes par jour. Il y a quelques mois, 10.000 repas étaient servis quotidiennement, note le responsable du centre pour lequel la situation, progressivement, s’améliore.

Quelques interviews plus tard, nous repartons, toujours dans nos blindés, vers le siège de l’ONU. A peine arrivés et débarrassés de nos gilets pare-balles, nous entendons une déflagration, de moyenne intensité mais proche, suivie d’une courte rafale de tirs.  Une grenade a été lancé dans l’enceinte voisine, où l’ONU fait construire de nouveaux locaux, nous informe-t-on. Pas de blessés. La routine quoi…

Après un court point-presse, nous réenfilons casques et gilets pare-balles pour nous diriger vers le quartier général de l’Amisom où nous attend le commandant. A bord de notre blindé un responsable de la sécurité, assis en face de moi, reçoit un message par talkie walkie: des personnes non autorisées sont montées dans un véhicule du convoi. Je commence à regarder autour de moi, un tantinet inquiète à l’idée d’un possible kamikaze parmi mes compagnons de route. Le convoi stoppe, les véhicules sont contrôlés et trois journalistes somaliens mis dehors… ouf !

Le QG de l’Amisom est à l’aéroport, quelques préfabriqués plantés entre les dunes. Le commandant en chef nous reçoit dans son bureau climatisé. Un exploit. D’ailleurs, dehors, le climatiseur sue à grosses gouttes. Impérial, il nous assure que Mogadiscio “est sécurisé à 98%”. “Les gens vont à la plage le vendredi, les femmes s’habillent comme elles le souhaitent”, bref la paix est revenue même s’il y a “des activités terroristes de temps en temps”.

Les journalistes laissent néanmoins poindre leurs doutes. “Et quand les soldats du gouvernement abandonnent leurs positions (faute d’avoir été payés pendant quatre mois) cela ne vous pose pas de problème ?” “Si, certainement, c’est un “challenge”, concède le commandant, mais il faut les comprendre, “si vous n’êtes pas payés, le moral baisse”.

Après cet échange quelque peu surréaliste, nous filons prendre notre avion. Remisant pour de bon et sans regrets nos gilets pare-balles, nous apprenons sur le tarmac qu’un attentat a eu lieu à quelques dizaines de mètres du centre de nutrition que nous avons visité, juste après notre départ. Bilan: six morts et onze blessés. Hasard ou tentative d’attentat à notre encontre ? Mystère. Mais jeudi, comme tous les jours sans doute depuis des années, des civils sont morts, assassinés, à Mogadiscio. 

Week-end

16 janvier 2012

Paisible week-end. Joseph a profité de l’absence de notre grincheux propriétaire pour vaincre une nouvelle cîme sylvestre. Noé est resté quelque peu interloqué devant un pourtant fort gracieux caméléon déniché par deux exploratrices en herbe. Quant à moi, clouée au lit par un empoisonnement alimentaire (curieuse malédiction, la mauvaise moule est toujours pour moi…), je me suis consolée en admirant les jeux de lumière du soleil couchant sur les troncs dorés des acacias.  Un spectacle toujours recommencé, dont je ne me lasse pas.

Quatre ans après les violences, des victimes oubliées

16 janvier 2012

J’ai fait vendredi une brève visite à Nakuru, à 150km au nord de Nairobi, pour y rencontrer des personnes déplacées par les violences électorales du début 2008. Quatre ans après les faits, en dépit des multiples promesses du gouvernement, plusieurs milliers de familles ne sont toujours pas relogées. Contraintes de quitter leur maison, leur ferme, souvent réduites en cendres lors des affrontements, ces personnes déplacées vivent depuis sous la tente ou dans de simple cabanes de torchis.

Planté sur une plaine brûlée par le soleil, à quelques kilomètres de Nakuru, le “Pipeline camp” est l’un des plus gros de la région. Sept cent familles (4.700 personnes) y vivent  péniblement, la plupart sous la tente, les plus chanceux dans des baraques de bois données par une ONG. Elles reçoivent des rations alimentaires du gouvernement, unanimement jugées insuffisantes, et font pousser épinards ou maïs sur les

rares espaces disponibles.

Un peu plus loin, un autre camp est juché sur une colline. La piste qui y mène est mauvaise mais d’en haut la vue est splendide. Paysage vallonné et tout au fond, le paisible lac Elementaita. Ici les tentes ont disparu, remplacées par des petites maisons de torchis au toit de tôle. Ces deux cents familles là ont eu de la chance, trois “bons samaritains” comme on dit ici ont acheté un terrain pour les reloger et une ONG leur a fourni du matériel pour construire les maisons.

Si seulement ils avaient une terre à cultiver, ils resteraient là. Ils ont trouvé des terrains à vendre à proximité et ont demandé aux autorités locales de les acheter en leur nom, conformément à la promesse du gouvernement. Depuis, ils attendent. Mais l’espoir est là, ils ont travaillé dur pour déblayer la rocaille, planter des arbres et même des bougainvillées. Leurs enfants vont à l’école voisine.

Elizabeth vit ici avec sa mère âgée et quatre de ses huit enfants. Elle a perdu son mari, assassiné à 70 ans par des inconnus, parce qu’il était Kikuyu, comme le président élu.  Quand elle est revenue au village, elle a du, dit-elle, “enjamber les corps” pour pouvoir rentrer dans les ruines de sa maison, brûlée. Elle n’a reconnu son mari, gravement mutilé, qu’à la chemise qu’il portait. Elle espère encore obtenir justice mais sans trop y croire. Pas un responsable des violences n’a été poursuivi à ce jour.

Lundi prochain, la Cour pénale internationale annoncera si elle entend juger ou non six Kényans accusés d’avoir orchestré ces violences.

La juge, la garde et les caméras de surveillance…

12 janvier 2012

C’est le scandale du moment au Kenya. Le 31 décembre, Nancy Baraza, la deuxième plus haute personnalité de la justice kényane puisqu’elle est l’ajointe du “Chief justice”, est allée faire des emplettes à Village market, un centre commercial huppé de Nairobi. A ses portes, les clients sont systématiquement contrôlés, leurs sacs fouillés, comme dans tous les lieux publics de Nairobi depuis que des menaces terroristes contre la capitale kényane ont été lancées mi-octobre par les islamistes somaliens.

Mais Nancy Baraza, elle, a ostensiblement évité le contrôle. La garde de sécurité, consciencieuse, l’a suivie dans la pharmacie où elle se rendait pour lui demander de se plier à la vérification. Mal lui en a pris. “Vous devriez savoir à qui vous avez affaire”, l’a tancée en substance Madame la juge en lui pinçant le nez. Eclats de voix, confusion… Selon la jeune femme, Nancy Baraza a ensuite demandé à l’un de ses gardes du corps de menacer l’obstinée de son arme. Comme il refusait de s’exécuter, elle est allée chercher un pistolet dans sa voiture et l’a pointé sur la garde.

La juge conteste bien sûr cette version des faits, mais les dégâts sont là. Depuis plus d’une semaine elle a du se plier à plusieurs interrogatoires serrés d’une commission d’enquête, qui a aussi examiné les films pris par les caméras de surveillance et interrogé des dizaines de témoins. Il en va en effet de la respectabilité de la justice kényane, très décriée par le passé et qui venait tout juste de se refaire une virginité avec la nomination d’une nouvelle hiérarchie.

Nancy Baraza a eu beau présenter, de mauvaise grâce, des excuses télévisées, elle est loin d’être sortie d’affaire. Son attitude arrogante et son acte, qui frise le crime si elle a réellement menacé d’une arme, risque bien de mettre une fin prématurée à sa carrière. Cela semble en tout cas être le souhait de nombreux Kényans, exaspérés par l’invraisemblable impunité dont jouissent ici les puissants. Verdict de la commission d’enquête demain !

Résolution

10 janvier 2012

Plus d’un mois sans post, un trop long silence. C’est la crise des deux ans et demi, ai-je écrit à une amie qui avait la gentillesse de regretter cette pause. Le regard perd de sa fraîcheur, on s’étonne moins ou à contre-temps, on vire monomaniaque. Je réalise ainsi que la quasi totalité de mes derniers posts étaient consacrés à la Somalie, pays certes fascinant mais où je n’ai mis que très brièvement les pieds.

J’en prends donc l’engagement solennel ici, moi dont la liste de bonnes résolutions se bornait (comme les dix années précédentes) à un vague ”faire plus de sport”, en 2012, JE NE NEGLIGERAI PLUS MON BLOG ! 

Et très bonne année à tous, lecteurs (trices) assidu(e)s (et même aux autres) !

Il était une fois Mogadiscio…

28 novembre 2011

Cette photo est tirée d’une incroyable série d’archives sur la capitale somalienne. Dix-sept clichés de la période coloniale et un dernier des années 60, qui décrit le pays nouvellement indépendant comme “le plus démocratique d’Afrique”. Cinquante ans après, c’est un “failed state”, un pays à la dérive à la capitale en lambeaux. De l’architecture italienne qui faisait sa renommée, ne restent que des murs soufflés par les attentats suicide ou criblés de balles. Et la cathédrale catholique, en ruine elle aussi, abrite désormais les personnes déplacées par la famine.

Rugby et saison des pluies

27 novembre 2011

Depuis quinze jours, Joseph s’entraîne avec l’équipe de rugby du lycée français. Il n’en pouvait plus d’attendre le troisième trimestre, période du rugby à Braeburn, pour pratiquer son sport préféré. Tous les vendredis après-midi, il fait donc l’école buissonnière – avec ma complicité de mère indigne et fan de rugby – pour filer à l’entraînement. Et ce quel que soit le temps…

Or, en ce moment, il est pluvieux, très pluvieux même, le temps. La petite saison des pluies prend ses aises, s’étire en longueur, ce qui n’est pas plus mal après près d’un an de sécheresse. Il pleut pratiquement tous les jours, quelques heures au moins. De quoi bien détremper routes et pelouses, transformées en champs de boue. Vendredi après-midi, après une heure et demie d’entraînement, il m’a bien fallu cinq minutes pour identifier mon fils. Et voilà à quoi ressemblait l’équipe, aux côtés de son entraîneur surnommé “Obélix” (allez savoir pourquoi…)


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